Ils vont donc voir Jésus faisant revivre Lazare. Et puis ils vont voir Jésus trahi, flagellé et cloué sur la croix pour y mourir. Quel contraste incompréhensible ! Celui qui a le pouvoir de la vie meurt de la main des hommes. Comment unir ces deux versants de la réalité ? Plus tard, les apôtres et les premiers chrétiens feront à la fois l’expérience de la puissance du Christ (en son nom s’opèrent bien des miracles) et de leur précarité (ils connaissent les épreuves communes, ils sont malades comme les autres, et sont de plus nombreux à mourir dans les persécutions). De même dans nos vies, comment concilier le fait que nous sommes disciples du Fils de Dieu qui est glorieux et possède tout pouvoir, avec le fait que même en lui restant fidèle nous peinons, nous devons traverser des épreuves et nous sentir faibles ou dans le besoin ?
Ce paradoxe demeure dans la vie de tout croyant. Heureux celui qui ne baisse pas les bras quand il ne comprend pas ! Dans sa fidélité se joue la victoire sur le mal, sur toutes les forces qui désagrègent le monde et nos vies. Le Seigneur sauve et il a besoin de notre persévérance pour cela. Dans le secret de nos cœurs fidèles — ou de nos cœurs qui reviennent à lui après un moment d’égarement — il change le monde et nos vies. Il agit sans cesse. Il n’agit pas moins sur la croix que devant le tombeau de Lazare. Il n’agit pas moins dans nos traversées du désert que quand il nous conduit à la réussite.
Croyons que nous sommes disciples de Celui qui est vainqueur de la mort et qui peut nous ressusciter dès maintenant. Que les épreuves de notre vie et celles du monde ne nous fassent pas penser que Dieu n’agit pas ou n’a plus de force. Que notre foi soit pleine d’espérance ! Dieu fait des merveilles.
Comment tenir ? Peut-être en se rappelant ce que Jésus a fait entre la résurrection de Lazare et sa mort sur la croix, notamment ce moment où Jésus a lavé les pieds de ses disciples en signe du service. Quel service puis-je rendre ? Comment me faire serviteur d’une façon nouvelle ? Cela m’aidera à tenir dans l’espérance.

