homélie du 3e dimanche de carême, 8 mars 2026
Au début de cette histoire, c’est le Christ qui veut rencontrer cette dame de Samarie. Il veut la rencontrer parce qu’il a tant à lui donner. Il finira par lui dire : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. » Il veut lui donner l’eau vivre qui jaillit de son cœur, l’eau vive de son amour. Mais en attendant, il se fait mendiant, il lui demande : « donne-moi à boire ! »
Dieu qui veut nous combler a d’abord besoin que nous levions le regard vers lui. Tant de gens disent qu’ils n’ont pas besoin de Dieu, qu’ils vivent bien sans lui, tandis que Dieu leur dit : « donne-moi à boire ! » Il y a des gens qui cessent de dire « je n’ai pas besoin de Dieu », et qui se tournent vers lui. Ils sont fatigués des efforts qu’ils ont faits pour s’en sortir seuls, ils ont le pressentiment qu’ils ne sont pas faits pour ne compter que sur eux-mêmes. Un moment donné ils disent comme cette femme : « Seigneur, donne-moi de ton eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. »
Le grand saint Augustin résumait cette situation ainsi : « Dieu a soif que nous ayons soif de Lui » (quaest. 64,4). Cette soif de lui, plusieurs parmi nous l’ont découverte ces dernières années et cela les a conduits à demander le baptême. Depuis presque 2 ans ils ont des rencontres où ils découvrent le contenu de la foi et les attitudes du disciple du Christ. Ils apprennent à mener le combat spirituel, à choisir ce qui plaît à Dieu et à rejeter ce qui ne lui plaît pas. Maintenant ils veulent se laisser encore une fois regarder par le Christ, comme la Samaritaine s’est laissé regarder par lui et a accepté qu’il lui dise tout ce qu’elle a fait, et dont elle n’était pas fière. Le regard du Christ était tellement un regard d’amour qu’au lieu de se sentir condamnée pour son péché, elle s’est sentie fortifiée pour en sortir. J’espère que tous nous avons un jour fait cette expérience d’accepter que le regard du Christ nous fasse des reproches et que son amour nous est tellement acquis que nous pouvons espérer changer et avancer vers la lumière. Bien sûr nous pourrions faire autrement et jouer aux pharisiens, nous justifier nous-mêmes et rejeter la parole du Seigneur, mais ce n’est pas souhaitable si nous voulons goûter les dons de Dieu.
Nous allons donc prier pour les catéchumènes, demander « qu’ils se laissent atteindre par le regard du Christ et puissent reconnaître leurs péchés ». C’est le premier « scrutin », où ils se laissent scruter par le Seigneur qui veut dans leur cœur mettre sa lumière au lieu des ténèbres. Il n’y a pas qu’eux. Nous qui sommes baptisés depuis plus longtemps, laissons-nous scruter également par le Christ. Ne cédons pas à la tentation de faire des interprétations minimisantes de l’Évangile. Cherchons à mettre en pratique cet évangile selon saint Matthieu que nous lisons cette année ! Qu’à la fin de notre vie le Seigneur ne doive pas nous dire : hypocrite, pourquoi as-tu négligé tous les dons que je t’ai fait ? Seigneur, toi le Dieu vivant, fais de nous des artisans de paix, apprends-nous à nous donner mieux et plus, apprends-nous à pardonner, à encourager, à réconforter ! Tu nous donnes la vie ; montre-nous comment l’accueillir et la partager !

