homélie du 16e dimanche B, 18 juillet 2021

Locronan Jésus, c’est lui le vrai berger. Il est le berger que le peuple d’Israël attendait. Il est le berger dont a besoin l’humanité déboussolée, l’humanité qui est soumise aux décisions de ceux qui cherchent surtout leur intérêt, celui de leur parti, de leur clan ou de leur multinationale. Jésus est le berger qui sait où il doit nous conduire et comment : il nous conduit vers le Père, il est le chemin, la vérité et la vie.

Voici le but : notre Père, la source de notre vie, de notre joie, lui notre espérance, lui que nous cherchons. Aller vers Lui, c’est vivre. L’aimer, c’est trouver le bonheur. Lui unir notre vie, c’est avancer dans la paix, c’est avancer vers la victoire finale, quand il aura achevé son œuvre en nous, quand son amour nous aura rendus éternels, unis à Lui pour toujours.

homélie du 15e dimanche B, 11 juillet 2021

à la conquête du Chimborazo Dieu a créé le monde, l’univers entier, par amour. Il veut que nous le sachions, il veut que nous soyons guidés vers lui, vers son cœur. Comment peut-il faire sans nous contraindre ? Comment peut-il faire pour que ce soit par amour que nous allions vers lui, et non par peur ou par opportunisme ? Il a choisi d’envoyer des prophètes, c’est-à-dire des hommes qui acceptent de le servir en disant la parole qu’il leur inspire. Des hommes qui agiront par la persuasion plutôt que par la force, ce qui est une méthode qui correspond à l’amour qu’ils sont chargés d’annoncer. Et si parfois ils annoncent des malheurs et des punitions de la part de Dieu, ce n’est pas sous forme de contrainte, mais d’avertissement. Avertissement que ce n’est pas sans frais que l’on ferme le robinet de la vie et de la vérité, que l’on se détourne de la justice pour choisir l’injustice et le profit aveugle, que l’on met de côté la raison pour se lancer dans la course aux plaisirs passagers.

homélie du 14e dimanche B, 4 juillet 2021

Croix Jésus est-il accueilli pour qui il est ou pour ce que nous voulons bien qu’il soit ? Voilà la question que cet évangile pose à toutes les générations au long de ces 2000 ans d’histoire de l’Église.

Les habitants de Nazareth pensent qu’ils connaissent bien Jésus. Et ils ont en partie raison. Ils le connaissent bien comme homme, ils peuvent parler de sa famille, du métier qu’il exerça au milieu d’eux. Leur témoignage nous est précieux pour nous éviter de tomber dans une vision mythologique de Jésus. Jésus n’est pas un personnage à l’historicité douteuse, né on ne sait trop quand, ayant vécu on ne sait trop comment, mort on ne sait trop dans quelles circonstances. Il y a de plus en plus de gens pour dire très facilement : Jésus n’a jamais existé. Mais cela reflète davantage le progrès de l’idéologie que le progrès de la science. À leur façon, les contemporains de Jésus nous font toucher le concret de sa vie.

homélie du 13e dimanche B, 27 juin 2021

Jura Cela me frappe que Jésus impose le silence après avoir ressuscité la fille de Jaïre, le chef de synagogue. Ce serait pourtant une telle occasion de démontrer sa puissance, de clouer le bec aux détracteurs, justement dans un milieu où les pharisiens sont influents. D’autant plus que au tout début de l’histoire de l’Église, dans les Actes des apôtres, on dit que le Seigneur rendait témoignage à l’annonce de la Parole par les apôtres, en opérant des signes et des prodiges par leurs mains. (Ac 14,3 ; voir Mc 16,20 ou He 2,4). Alors finalement, ces signes peuvent-ils soutenir le témoignage, l’évangélisation, si comme Jésus l’Église doit demander de ne rien dire de ces signes ? Comment sortir de ce paradoxe ?

Une chose est sûre, Jésus ne guérit pas pour se faire un nom et attirer toujours plus d’adeptes. Cela lui pèse plutôt. Il arrive ainsi que Jésus est découragé et attristé par les demandes de miracle qu’on lui fait. « Si vous ne voyez pas de signes et de prodiges, vous ne croirez donc pas ! » (Jn 4,48) « Génération incroyante, combien de temps resterai-je auprès de vous ? Combien de temps devrai-je vous supporter ? » (Mc 9,19, dans quelques chapitres, lors de la guérison de l’épileptique).

homélie du 12e dimanche B, 20 juin 2021

La Chartreuse, depuis la route de Voiron L’Écriture aujourd’hui nous montre Dieu maître des éléments naturels. Je voudrais méditer sur sa puissance. Nous n’osons plus y penser, nous préférons croire Dieu impuissant que d’accepter son apparent silence devant les catastrophes d’aujourd’hui. Nous réagissons ainsi parce que nous n’avons plus aucune « crainte » de Dieu. Alors nous n’acceptons pas qu’il agisse autrement que selon nos standards.

homélie du 11e dimanche B, 13 juin 2021

Chemin près de Hargimont Comment réussir sa vie ? Le peuple d’Israël comptait échapper au joug de Babylone en combinant une alliance avec l’Égypte. Mais le Seigneur lui dit que cela ne marchera pas. Par contre, c’est lui qui veillera à l’avenir du peuple. Tandis que la dynastie de David est en train de se fourvoyer en acceptant des compromis avec des puissances étrangères, Dieu lui-même agira. Après le désastre, il fera réussir cette dynastie de David, en choisissant le rameau qui portera du fruit.

homélie de la fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ, 6 juin 2021

Rome, Raphaël, l’Église L’homme peut-il vivre sans Dieu ? Nous voyons autour de nous bien des gens en train de survivre. Et même lorsqu’ils ont beaucoup d’opportunités de profiter de la vie, comme on dit, nous les voyons survivre « en passant toute leur vie dans une situation d’esclave dans la crainte de la mort » (He 2,15). Le stress sanitaire qui nous obnubile depuis un an en est un bon révélateur.

homélie du dimanche de la Sainte-Trinité, 30 mai 2021

Locronan J’ai rencontré des chrétiens pour qui la Trinité c’était surtout des complications dont ils se passeraient bien, des vains débats de théologiens qui n’apportent rien. Pourtant, la connaissance de la Sainte-Trinité est un trésor de la foi chrétienne. Dieu nous fait le cadeau merveilleux de connaître un peu de son intimité. Et non pas pour satisfaire notre curiosité, mais pour que nous nous préparions à y entrer et que déjà maintenant nous en vivions. Voilà pourquoi accueillir et méditer le mystère de la Sainte-Trinité est incontournable pour un chrétien  : Dieu nous le fait connaître car nous y sommes destinés.

homélie du 7e dimanche de Pâques, 16 mai 2021

abondance La grande prière de Jésus que saint Jean nous relate, nous la lisons en trois fois, sur les trois années A, B et C. Saint Jean ne dit pas clairement où Jésus prie ainsi, mais juste après il montre Jésus partir avec ses disciples au mont des oliviers, avant d’être livré par Judas. Alors je me demande si on ne pourrait pas imaginer que nous venons d’entendre le début de la prière de Jésus qui se termine par : « Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi… cependant, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ». Si nous plaçons la prière de Jésus dans ce cadre de l’ultime combat de Gethsémani, nous devenons capables de comprendre comment Jésus peut dire qu’il prie pour que nous soyons comblés de joie alors que le monde nous rejettera. Car comment être dans la joie quand des gens autour de nous nous prennent en haine ? Quelle est la solution de ce paradoxe ? Car nous ne sommes pas masos, ça ne nous amuse pas d’être mis à l’écart ou combattus.

homélie de la fête de l’Ascension 2021

le viaduc de Millau depuis la Montée royale Que faisons-nous ici ? Quel est le sens de notre pratique chrétienne ? Plus largement, pourquoi l’Église elle-même ? La fête d’aujourd’hui peut nous aider à répondre à ces questions. Quand Marie-Madeleine voit Jésus ressuscité, elle veut le saisir, mais Jésus lui répond : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » (Jn 20,17) Jésus avait vécu quelque chose qu’aucun être humain n’avait encore vécu : se relever d’entre les morts. Ce n’était pas une œuvre humaine. C’est parce qu’il est venu de Dieu comme son Fils bien-aimé qu’il a pu remporter ce pouvoir sur la mort. Mais jusqu’à l’Ascension sa divinité est restée cachée, au point que Marie-Madeleine croit pouvoir le retenir. L’Ascension c’est le dévoilement du monde auquel appartient Jésus, qui englobe le nôtre et le dépasse incroyablement. Il me semble que l’on peut le considérer, ce monde de Dieu, non pas comme un monde à côté, mais autour du nôtre. Ainsi, Jésus, en partant dans ce monde de Dieu, se rend présent à tous et à chaque instant.

Voici l’homélie extraite de la messe de ce sixième dimanche de Pâques. Paix à vous, et bonne fête à toutes les mamans, dont nous venons tous !