Dieu veut que tous les hommes soient sauvés

homélie du 7e dimanche ordinaire, 23 février 2020

Nous voilà invités à une offensive contre le mal, ni plus ni moins. Jésus, le Fils de Dieu qui est venu dans le monde pour combattre les œuvres du diable, nous invite maintenant à prendre au sérieux le fait qu’il y a des gens qui peuvent nous détester, nous faire du mal, nous compter pour rien, nous voler, etc. Tout d’abord je voudrais dissiper un malentendu : il ne s’agit pas de subir le mal qui nous est fait sans protester. Jésus ne dit pas de ne rien faire si on nous frappe la joie droite, il dit de tendre l’autre joue. Qu’est-ce que cela veut dire ?

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Lumière, au nom de Jésus

homélie du 5e dimanche A, 9 février 2020

attente Jésus nous révèle un élément inattendu de notre vocation de baptisé : nous sommes le sel de la terre, nous sommes la lumière du monde ! Notre premier réflexe sera sûrement de dire : n’exagérons pas, et d’ailleurs il y en a d’autres, et les chrétiens ne sont pas meilleurs que les autres, etc. Et si au contraire nous accueillions cette révélation que le Christ nous fait : nous sommes le sel de la terre, nous avons ce pouvoir de donner du goût à la vie des autres, de la rendre savoureuse pour eux-mêmes. Nous sommes la lumière du monde, qui réjouit le monde, le rassure, en chasse les ténèbres. C’est comme ça. Et n’allons pas faire les gênés et mettre la lumière sous le boisseau !

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Plus rien ne me fait peur

homélie de la Chandeleur, 2 février 2020

à la conquête du Chimborazo Syméon se réjouit que le Christ apporte la lumière pour toutes les nations, mais de quelle lumière s’agit-il au juste ? Que signifie la lumière de nos cierges ? Nous ne voulons pas dire qu’enfin les jours rallongent, même si cela nous réjouit aussi. La lumière qu’apporte le Christ, l’auteur de la lettre aux Hébreux l’a magnifiquement décrite en résumant ainsi l’action du Sauveur : « Jésus, par sa mort, a pu réduire à l’impuissance celui qui possédait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et il a rendu libres tous ceux qui, par crainte de la mort, passaient toute leur vie dans une situation d’esclaves. » (He 2,14-15). Le chrétien est celui que le Christ a libéré de la peur de la mort. Pourtant, on voit beaucoup de chrétiens — c’est une peine qu’il en soit ainsi — dire : moi, la mort, je ne veux pas y penser… laissez-moi goûter l’existence dans l’insouciance… je voudrais mourir sans m’en rendre compte… pourquoi Dieu permet-il la mort ?… et tant d’autres choses du genre, qui montre qu’on est bien décidé à entrer dans la vie éternelle à reculons.

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Les ténèbres reculent quand on se donne soi-même

homélie du 3e dimanche A, 26 janvier 2020

le viaduc de Millau depuis la Montée royale Quelles sont les ténèbres dans lesquelles nous marchons et sur lesquelles le Seigneur fait lever sa lumière ? On pourrait trouver pour chaque époque une collection de choses inquiétantes ou décourageantes qui ont assombri l’existence des gens. Jadis cela pouvait être les bruits de guerre aux frontières, la misère noire dans laquelle vivaient de nombreuses familles, l’enseignement inaccessible ou d’autres choses qui sont encore le lot de millions de personnes aujourd’hui. Les ténèbres où nous marchons en occident, c’est aujourd’hui l’instabilité des familles, l’inquiétude climatique, la maltraitance des femmes, des enfants, la pornographie, la fascination pour le luxe, etc. Plus généralement, je vois naître chez de nombreux jeunes la question : quel est le sens de la vie ? Il n’y a rien qui me donne un grand désir de me donner totalement… Tout semble relatif, un peu usé, un peu terni.

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Enfant de Dieu ?

homélie du 2e dimanche ordinaire, 19 janvier 2020

baptême Nous disons facilement que nous sommes enfants de Dieu, mais avons-nous déjà bien réfléchi à ce que nous disons ? En effet, c’est plutôt étonnant d’être les enfants de Dieu.
1) Lorsqu’on est enfant de ses parents, on est un représentant de l’espèce humaine qui descend d’autres représentants de l’espèce humaine. Et même lorsque des parents adoptent un enfant comme leur enfant, il s’agit toujours bien d’un autre être humain comme eux. On entend parfois dire qu’une famille a adopté un petit chien, mais il reste un petit chien et ça serait déplacé de le traiter comme l’enfant de la famille — il paraît même que quelques personnes fortunées lèguent leurs biens à leur animal de compagnie, mais cela frise la folie. Quoi qu’il en soit, comment pouvons-nous être enfants de Dieu alors que nous ne sommes pas de son espèce — serions-nous comme le petit chien adopté par la famille ?
2) Pour une autre raison encore c’est surprenant d’être enfant de Dieu : parce que nous l’aimons tellement moins qu’il nous aime, et parfois même nous ne l’écoutons pas, nous faisons le contraire de ce qu’il nous demande. Comment Dieu aurait-il envie de faire de nous ses enfants ?

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Redevenir comme un enfant

homélie de Noël 2019

l’arbre de Jessé « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière » (Is 9,1), avons-nous entendu. Ce peuple c’est nous. Et dans quelles ténèbres devons-nous marcher ? Il y a tout ce qui nous inquiète dans le monde — chaque époque a son lot d’inquiétudes, et pour nous c’est notamment le réchauffement climatique, la difficulté de trouver un emploi ou de le garder, ou la perte du sens de la valeur de la vie. Mais en plus de ces ténèbres du monde, il y a les ténèbres en nous aussi : tout ce qui assombrit notre cœur, nos pensée, à commencer par notre orgueil, quand nous nous mettons à prendre les gens de haut, ou quand nous sommes très blessés par une remarque qui nous est faite. Il y a aussi notre égoïsme, qui nous fait ne penser qu’à nous, qui nous replie sur nous-mêmes et nous fait considérer que ça ne va pas si mal tant que notre confort est assuré, mais qui finalement nous laisse avec un goût d’insatisfaction, de vide et de solitude.

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Le prix de la joie

homélie du 3e dimanche de l’Avent A, 15 décembre 2019

Cathédrale Notre-Dame de Bonsecours, Alep, Syrie En Syrie, on vient de restaurer et reconsacrer la cathédrale arménienne catholique d’Alep, qui comme les églises d’autres confessions chrétiennes avait été endommagée par différents attentats et échanges de tir d’artillerie. Il n’y a plus que 5000 fidèles de cette Église sur les 18000 que comptait la ville, et ceux qui sont restés doivent vivre cette réouverture avec la même allégresse que celle à laquelle invite le prophète Isaïe : « le pays aride, qu’il exulte et crie de joie !… On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu. Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent, dites aux gens qui s’affolent : « Soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu ! » (Is 35, 2-4) Pour ceux qui sont partis d’Alep, c’est sans doute émouvant aussi, mais c’est loin maintenant. Pour d’autres encore, c’est anecdotique ou insignifiant. Vous ne l’avez sans doute pas su.

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L’amour de Dieu est puissant

homélie du 2e dimanche de l’Avent, 8 décembre 2019

Maastricht, Vierge du Wilhelminasingel Nous attendons le retour du Seigneur dans la gloire. « Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts », dit le Credo. Ce jugement se résume bien dans la réalité annoncée par le prophète Isaïe : « Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte » (Is 11,9). Le retour du Christ et le jugement final, c’est la disqualification de tout mal et sa dénonciation — non pas comme les dénonciations des médias mais par Celui à qui aucune pensée secrète n’échappe. Heureux celui qui sera assez humble pour choisir son Sauveur sans chercher à se justifier lui-même ! C’est à ce prix que pourra s’établir la grande paix dont nous lisons la description chez le prophète Isaïe (Is 11,1-10).

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Un cœur qui dort, un cœur qui veille…

homélie du 1er dimanche de l’Avent, 1er décembre 2019

Derrière il y a la lumière Tant de gens aspirent, même sans le savoir, au retour du Seigneur. Chaque fois que nous pensons : où est Dieu ? En réalité, nous souhaitons sa manifestation dans la gloire. Devant tous les marchands d’arme, les gestionnaires corrompus, les violents de tous genres, avec tous ceux qui souffrent nous attendons ce jour annoncé par Isaïe : « Il sera juge entre les nations et l’arbitre de peuples nombreux. De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre. » (Is 2,4)

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Le roi de la vie et de la joie

homélie de la fête du Christ Roi, 24 novembre 2019

Chiara Luce Badano En parlant du roi Baudouin, le cardinal Danneels aimait dire : « il y a des rois qui sont plus que des rois : ils sont les bergers de leur peuple. » Car ils aiment leur peuple, ils aiment chacune de leurs brebis. Et ils règnent avec leur cœur. Voilà une très belle image de la royauté du Christ. Jésus n’est pas un roi bling-bling, assoiffé de reconnaissance et d’honneurs. Il ne doit pas chercher les plus hauts postes : il est plus haut que tout, « en lui tout fut créé » (Col 1,16). Il ne doit pas défendre son pouvoir ni le faire sentir : c’est de lui que tout dépend, sur la terre comme au ciel. Il ne doit pas chercher à s’enrichir : toute richesse vient de lui.

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Croire en la résurrection rend libre

homélie du 32e dimanche C, 10 novembre 2019

porte L’histoire racontée dans la première lecture se passe à l’époque de la persécution du roi grec Antiochus Épiphane. Celui-ci souhaite soutenir des juifs désireux d’adapter la foi à la mode hellénistique de l’époque, une sorte de mondialisation de l’époque, contre d’autres juifs soucieux de garder la pureté de l’héritage de la foi. Las des incitations plus ou moins pacifiques, il finit par interdire le judaïsme lui-même, et cela conduit à toutes sortes de violences dont celle que raconte cette première lecture. Nous découvrons alors à quel point la foi en la surrection rend libre face à toutes les pressions sociales. Elle permet de rester fidèle à la vérité, quel que soit le prix à payer.

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