homélie du 3e dimanche de Pâques, 19 avril 2026

C’est interpellant de découvrir comment Jésus aborde les disciples tout tristes en leur demandant « de quoi discutiez-vous ? » et « quels événements » vous accablent ? Le Seigneur les fait raconter par eux-mêmes ce qui habite leur cœur et que bien sûr il connaît. Je suis tenté de voir là la manière dont le Seigneur aimerait nous aborder aujourd’hui encore : Seigneur, tu attends que je te raconte ma vie, ce qui me cause du souci, de la peine, de la fatigue, de l’angoisse.

En racontant, les disciples se rendent-ils compte de leur fermeture du cœur, spécialement par rapport au témoignage des femmes ? Cela n’est pas dit, mais dans mon expérience je constate que lorsque j’expose ma vie au Seigneur je me rends compte de certaines incohérences ou fermetures.

Jésus les secoue : « esprits sans intelligence, dont le cœur est lent à croire l’enseignement des prophètes ! » Eux se laissent secouer par Jésus. Heureux serons-nous d’avoir cette franchise, dans le partage de nos difficultés comme dans l’accueil de l’interpellation de Dieu.

Comment cela se passe-t-il pour nous ? Supposons que nous nous sentions abandonné ? Alors, disons-le au Seigneur. Et puis rappellons-nous : Dieu n’est pas loin, il s’est risqué dans une vie d’homme. Il a connu l’angoisse et la trahison. Ils ne devait pas vivre cela, mais il l’a accepté par amour pour nous. Dirons-nous encore que Dieu nous abandonne ? Acceptons que le Seigneur nous dise : esprit lent à croire ! Laissons-nous interpeller par le Seigneur nous montrant la réalité de son amour. Acceptons de repartir en faisant entrer cela dans notre esprit : je suis tant aimé, par le Dieu vainqueur de la mort ! Bien sûr, cela ne nous empêchera pas de souffrir ni de mourir un jour. Mais pourquoi voudrions-nous que ce soit notre dû alors que le Fils de Dieu ne l’a pas obtenu ? Ce qu’il nous donnera n’est pas d’éluder l’épreuve, mais de ne jamais perdre le fil de son amour. Seigneur, quelles que soient les insatisfactions de notre vie, accorde-nous d’avoir le cœur tout brûlant près de toi, à mesure que nous te l’ouvrons !

Dans la première lecture nous retrouvons les apôtres un peu plus tard. Maintenant ils ont fait entrer dans leur esprit cette réalité de la résurrection. Maintenant, même si le Seigneur n’est plus physiquement près d’eux depuis l’Ascension, ils sont sûrs de sa présence et parlent de lui avec assurance. Nous voyons comment l’épisode du tombeau vide a été un événement fondateur. Entre l’évangile et les Actes, on passe du « les femmes n’ont pas trouvé son corps » à « David est mort, son tombeau est encore chez nous aujourd’hui, tandis que le Christ n’a pas été abandonné à la mort ». Maintenant c’est clair : le Christ est vivant, et il répand sur nous l’Esprit Saint. Nous n’avons pas que saint Pierre qui nous le dit, mais une foule de témoins, qui à travers les siècles ont vécu de la foi, ont laissé la foi transformer toute leur vie.

Ce temps pascal est un temps merveilleux où nous pouvons laisser monter en nous le désir de vivre de l’Esprit Saint, d’avoir l’Esprit en nous, d’être renouvelé dans notre façon de penser par l’Esprit Saint. Dieu a un avenir si merveilleux pour nous, pas parce que l’avenir est rose, mais parce que le Christ est avec nous chaque jour. Demandons la grâce de le reconnaître maintenant dans l’eucharistie, quand il rompt pour nous le pain et nous le donne. Devenons des hommes et des femmes de foi ! Bon temps pascal !