Voici l’homélie extraite de la messe de ce sixième dimanche de Pâques. Paix à vous, et bonne fête à toutes les mamans, dont nous venons tous !

homélie du 5e dimanche de Pâques, 2 mai 2021

fleurs de cerisier, bis Prenons un petit temps d’arrêt pour mesurer la joie de Paul lorsque, après avoir rencontré le Christ sur le chemin de Damas et en avoir été bouleversé, il peut se trouver accueilli par l’Église qu’il persécutait auparavant. Voilà qu’il peut faire siennes les paroles du psaume que nous avons chantées : « tu seras ma louange, Seigneur, dans la grande assemblée ». Bien sûr, vous l’avez entendu, cela n’a pas été très facile car les disciples avaient d’abord peur de lui. Ils se demandaient sans doute si sa conversion n’était pas plutôt une feinte pour pouvoir mieux les démasquer et les dénoncer. Mais assez vite l’Église retrouve la paix par rapport à lui, et il peut louer Dieu avec les chrétiens et annoncer Jésus au milieu de Jérusalem. Puis il devra prendre le maquis, et nous le retrouverons plus tard, à Antioche, où l’Église l’enverra annoncer l’Évangile dans l’actuelle Turquie et la Grèce. Goûtons cette joie de Paul de trouver sa place au milieu de l’Église.

homélie du 4e dimanche de Pâques, 25 avril 2021

îles Skellig L’Église naissante a fait l’expérience que le nom de Jésus sauve. Pierre et Jean guérissent « au nom de Jésus Christ, le Nazaréen ». Au tout début de l’Évangile, l’ange avait précisé à saint Joseph qu’il devrait appeler l’enfant Jésus, c’est-à-dire « le Seigneur sauve », car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés (Mt 1,21). Les apôtres n’agissent pas au nom des valeurs évangéliques, au nom de la fraternité ou quelque chose du genre, mais au nom de Jésus. Le nom, c’est la personne. Faire référence au nom de Jésus nous empêche de réduire le christianisme à une théorie, une théorie morale bien souvent, ou plutôt moralisatrice.

homélie du 3e dimanche de Pâques, 18 avril 2021

arabette hérissée Deux fois dans les lectures aujourd’hui on dit que Jésus apporte le pardon des péchés. Cela semble être le résumé de l’Évangile, ce qu’il faut absolument annoncer au monde. Pourquoi la mission que le Seigneur donne à ses disciples est-elle ainsi résumée : « la conversion serait proclamée au nom du Christ, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. » (Lc 24,48) ?

homélie de Pâques 2021

fronton de St-Jean de Latran Comment allons-nous prendre la mesure de cet événement qui est le plus déterminant de toute l’histoire humaine : le Christ est ressuscité ? Il y a eu beaucoup d’interprétation de l’événement qui, tout en essayant de le faire comprendre aux gens d’aujourd’hui, l’ont en réalité minimisé. On a pu en faire une loi de la nature, comme on remarque que tout revit en ce printemps. On a pu en faire une loi de la psychologie, selon laquelle c’est dans le cœur des disciples que Jésus serait ressuscité, lorsqu’ils auraient découvert que son souvenir et son enseignement étaient toujours bien présent en eux. Tout cela est plausible, mais fait perdre à la résurrection du Christ son caractère puissant et bouleversant qui a conduit les apôtres à tout risquer pour leur Seigneur, eux qui jusqu’alors cherchaient à faire réussir leur entreprise d’une façon humaine. Or c’est vraiment d’une façon divine que l’Église a commencé à rayonner, c’est-à-dire dans la foi qui est victorieuse des persécutions, des injures, des menaces, et ceci pendant 3 siècles — nous l’oublions trop facilement — et aujourd’hui encore c’est au milieu de mille répressions que l’Évangile progresse au Vietnam, en Chine, en Inde, au Pakistan ou ailleurs.

homélie du 5e dimanche de carême, 21 mars 2021

passage étroit Aujourd’hui le Seigneur veut nous parler de la nouvelle alliance qu’il rêve de nous offrir. À quoi ressemble l’alliance avec Dieu? Comment le dire alors que nous sommes bien incapables d’imaginer Dieu? Lui-même nous en donne une idée, que je crois pouvoir résumer d’un mot : intimité. Cette intimité entre l’homme et Dieu est faite d’une adhésion intime de notre cœur à la volonté et au cœur de Dieu : «j’inscrirai ma Loi sur leur cœur», dit-il (Jr 31,33). «Tous me connaîtront»… «Je serai leur Dieu et ils seront mon peuple». Voilà ce dont rêve Dieu : une intimité vivante avec nous, où nous le choisissons de tout notre cœur autant qu’il nous a choisis. Par cette intimité, sa vie coule en nous et irrigue les parties les plus arides de notre être. Par cette intimité, une joie du ciel nous est donnée, qui baigne notre cœur d’espérance et de lumière. Nous traversons les difficultés de la vie en disant : le Seigneur est pour moi, qui sera contre moi? Par cette intimité, nous apprenons jour après jour à devenir le peuple de Dieu, son Église bien-aimée.

homélie du 4e dimanche de carême, 14 mars 2021

Conques, intérieur Jadis, Babylone, pour tuer toute contestation dans l’œuf au royaume juif, avait supprimé le culte du Seigneur dans le temple de Jérusalem et détruit ce temple (2 Chr 36). Puis vient Cyrus, qui compte sur la prière des peuples de son empire, car l’activité religieuse lui est précieuse. Il envoie les juifs restaurer le culte du temple, car les célébrations ne sont pas pour lui quelque chose que l’on peut suspendre à sa guise. C’est bien différent de notre culture, où les célébrations sont devenues un divertissement comme un autre, que certains pratiquent tandis que d’autres aimeraient faire du fitness ou aller au théâtre. Même dans l’Église aujourd’hui, et a fortiori en dehors, beaucoup considèrent que la vie avec Dieu c’est comme lire un bon livre, on peut très bien le faire à la maison, et on n’aurait besoin des célébrations que pour se donner un peu de courage. Alors, accepter la situation actuelle de confinement des cultes reviendrait à faire preuve d’un peu de patience et de solidarité.

homélie du 3e dimanche de carême, 7 mars 2021

côté sombre, côté clair Nous sommes tant aimés ! Cela vaut la peine de s’arrêter parfois pour essayer de réaliser l’amour de Dieu pour nous. Prenons 30″ maintenant, pour considérer cette réalité : je suis tant aimé, je compte tant pour Dieu… Une fois que l’on essaie de s’imaginer cela, surgit une question : « mais alors, comment est-ce que je peux répondre à cet amour ? » C’est à cela que Dieu a voulu nous disposer, c’est pour cela qu’il a voulu nous sauver : nous rendre capable de répondre à son amour posé sur nous, afin que cet amour ne tourne pas dans notre âme en reproche (j’ai été tant aimé et je l’ai ignoré) ou en découragement (jamais je ne pourrai rendre l’amour que j’ai gaspillé). Oui, être tant aimés, c’est assez inquiétant pour les pécheurs que nous sommes, car comment paraître face à un Dieu que nous avons si peu pris au sérieux ?

homélie du 2e dimanche de carême, 28 février 2021

Irlande Le récit du sacrifice d’Isaac nous scandalise toujours un peu : comment Dieu pouvait-il demander une chose pareille ? Nous avons raison, c’est énorme. D’autant plus que la Révélation de Dieu s’est posée en désaccord avec les pratiques locales, notamment des Phéniciens, qui pratiquaient des sacrifices d’enfants. Si ce récit est si choquant, c’est que cela doit nous apprendre quelque chose d’énorme. Abraham avait attendu 25 ans que se réalise la promesse d’avoir un fils. Pendant 25 ans il avait marché avec Dieu sans voir ce que Dieu avait promis. Marché dans la foi sans résultat apparent. Et voilà que le fils enfin obtenu, il faudrait le sacrifier à Dieu. Abraham aurait tellement pu dire : ah non, maintenant je le garde hein ! Mais non, il obéit à Dieu, c’est-à-dire qu’il l’écoute avec confiance. Et ensuite il apprend qu’il en est doublement béni.

homélie du 1er dimanche de carême, 21 février 2021

Admirez ce beau pli! En commençant ce carême, nous méditons une nouvelle fois sur le combat que le Christ mène pour ramener le cœur de l’humanité, de chaque être humain, à Dieu. Puisque Dieu nous veut libre il ne serait pas convenable qu’il nous ramène à lui d’un coup de baguette magique. L’homme est « père de ses actes », il est l’auteur authentique de ce qu’il veut faire. Ce ne serait donc pas juste que Dieu efface nos péchés, pur produit de notre volonté, d’un coup d’éponge. Agir ainsi serait tenir notre liberté pour une parenthèse irréelle, et nos actes pour des pacotilles, des égratignures sur le monde, alors que l’injustice sociale planétaire ou les désastres écologiques montrent bien l’impact de nos choix — et encore, ce n’en est que la partie visible, semblable à la partie émergée de l’iceberg. Si Dieu agissait ainsi, notre volonté ne serait pour lui qu’une vague gesticulation. Notre intériorité ne serait qu’un décor, et en réalité nous serions pour lui des objets qu’il récupérerait comme un joueur de billes récupère ses billes. Les gens qui pensent que Dieu peut nous pardonner comme ça d’une simple déclaration ne prennent pas au sérieux la liberté qu’il leur a donnée.

homélie du 5e dimanche B, 7 février 2021

éclipse de Lune Lorsque quelqu’un est frappé par une grave maladie, sa vie devient lourde à porter. Son horizon se bouche. Le découragement est tapis à la porte de son cœur. Bien des gens, dans les hôpitaux ou à la maison, pourraient dire comme Job : « depuis des mois je n’ai en partage que le néant,
je ne compte que des nuits de souffrance. » (Jb 7,3) Cette situation est usante, et la foi est en péril. Le mal qui s’est introduit dans le monde fait que l’homme doute plus facilement de Dieu. La souffrance est une grande menace pour l’homme et elle peut même le détruire intérieurement davantage qu’extérieurement, en le remplissant d’amertume et de révolte.