homélie du 12e dimanche, 21 juin 2020

l'Ourthe au rocher du Hérou Nous voilà mis aujourd’hui devant les difficultés auxquelles est confronté celui qui ose parler du Seigneur ou de sa foi. Cela nous le vivons tous. Il suffit de regarder la gêne qu’il y a à en parler autour de soi, en famille ou au travail. Jésus nous dit : « ne craignez pas les hommes », « ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ». C’est donc que nous serons amenés à les craindre ! Faisons un très bref survol de cette adversité à laquelle le croyant est confronté.

homélie de la fête du Saint-Sacrement

Rome, Raphaël, l’Église Quand Moïse donne la clé de l’expérience difficile que le peuple hébreu a vécue au désert en sortant d’Égypte, il dit : ton Dieu t’a imposé cette longue marche « pour te faire passer par la pauvreté… et savoir ce que tu as dans le cœur » (Dt 8, 2). Et il t’a donné la manne, « pour que tu saches que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. » (v.3) C’est instructif de comprendre la pédagogie de Dieu avec son peuple, qui continue avec nous. Pourquoi agir ainsi ? Pour nous sauver, pour nous préserver de nous assurer par nous-mêmes notre avenir, notre salut.

homélie de la fête de Pentecôte 2020

homélie du 5e dimanche de Pâques, 10 mai 2020

Conques, Jugement dernier Jésus veut nous donner accès au Père, à sa demeure, à son cœur. Qui peut trouver un bonheur durable et profond ? Qui est capable de répandre ce bonheur autour de lui ? C’est celui qui mène sa vie en lien avec le Père. Celui qui peut se regarder comme enfant bien-aimé du Père. Celui qui peut regarder chacun comme cela et l’aimer comme cela, du plus proche au moins attirant. Jésus sait que nous avons tant besoin du Père.

homélie du 3e dimanche de Pâques, 26 avril 2020

Chemin près de Hargimont 2000 ans après les événements racontés dans les évangiles, nous pourrions facilement prendre ces textes comme des récits empreints de merveilleux, des contes du passé pour redonner confiance aux gens. C’est une tendance intellectuelle forte dans notre monde imbu de son point de vue pseudo-scientifique. Alors, pour me désinfecter de cette tendance, j’aime bien regarder l’effet de la rencontre avec Jésus sur les apôtres. Nous n’avons pas un film biographique sur saint Pierre, mais nous avons quelques données de l’histoire. Nous savons par exemple que le christianisme était arrivé à Rome sous le règne de l’empereur Claude, dans les années ’40, au sein de la communauté juive. Cela veut dire que dès les années ’30 on a annoncé dans les synagogues que Jésus était le Seigneur et que le Père l’avait ressuscité des morts. Ça s’est fait avec difficulté, comme le racontent les Actes des apôtres ou le décret d’expulsion des juifs de Rome par l’empereur Claude (v.49). Ça s’est fait avec des persécutions immédiates. Ça s’est fait avec une audace proportionnée à ces persécutions.

homélie de la Veillée pascale 2020

Irlande Cette crise du coronavirus nous donne un vif sentiment de notre impuissance. C’est l’occasion de nous poser la question du sens de notre vie, car c’est clair maintenant que la valeur de notre vie ne réside pas dans ce que nous sommes capables de réaliser.

En bénissant le feu tout à l’heure, nous avons demandé au Seigneur : « accorde-nous, durant ces fêtes pascales, d’être enflammés d’un si grand désir du ciel que nous puissions parvenir, avec un cœur pur, aux fêtes de l’éternelle lumière ».

homélie du 5e dimanche de carême, 29 mars 2020

fragiles et belles Aujourd’hui nous recevons deux messages qu’il est très important de tenir ensemble. Le premier c’est que Jésus est l’envoyé du Père. Il n’est pas un envoyé comme ceux que l’on a déjà connu, comme les prophètes d’autrefois : lui, il est le Seigneur de la vie, au point que la mort ne peut pas lui résister. Personne n’a fait ce qu’il a fait. Nous le voyons lorsqu’il ramène à la vie Lazare qui était mort depuis plus de quatre jours. Jésus est l’envoyé du Dieu de vie, il l’appelle Père et il a avec lui une intimité qu’on n’a encore jamais vue : « je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours » (Jn 11,42). Ce que Jésus fait là est bouleversant, et un certain nombre de personnes vont mettre leur foi en Jésus suite à cet événement. Mais elles devront encore progresser dans la foi, car il leur faudra accepter aussi le second message, bien plus difficile à recevoir.

homélie du 4e dimanche de carême A, 22 mars 2020

(une homélie entièrement dédiée à mes «paroissiens web», car je ne prêchais pas aujourd’hui)

éclipse de mars 2015 Aujourd’hui, Jésus, la lumière du monde, guérit un aveugle de naissance (Jn 9). La boue dont il enduit les yeux de l’aveugle nous renvoie à la poussière à partir de laquelle Dieu crée l’humanité (Gn 2,7), à laquelle s’ajoute ce qui vient de l’humanité du Fils de Dieu lui-même, ici sa salive. Si Dieu guérit cet homme, c’est parce qu’il est le Créateur et parce qu’il s’est risqué lui-même dans le monde, il s’est fait homme tout entier. Ô Jésus, donne-nous de savoir que tu es proche de nous, que tu ne nous regarde pas de loin mais que tu as visité toute notre humanité !

homélie du 3e dimanche de carême, 15 mars 2020

enfants près de Cicalpa Vieja, Équateur Nous voici pris dans une sorte de carême forcé. C’est un temps de dépouillement, comme le carême, mais qui va plus loin que ce que nous étions prêts à vivre. Et si, au lieu de râler ou de nous attrister, nous choisissons volontiers ces privations en tous genre — privation de visites, de présences aimées, de loisirs, d’activités qui nous font exister —, alors notre cœur pourra grandir et se dilater.

homélie du 2e dimanche de carême, 8 mars 2020

Équateur, de Puyo à Tena À quoi se mesure la réussite de la vie ? Certains pensent qu’une vie belle est une vie où on a pu vivre plein de petits bonheurs. Cela me paraît trop court. Cela ressemble à un collier de perles où il n’y a pas de fil pour tout relier. Cela ne fait pas une vie belle, mais simplement une vie où on s’est bien occupé et qui termine en queue de poisson devant la mort. Car alors la mort est ce qui vient nous ravir ce qui faisait notre vie. Quel serait plutôt le fil qui permet de faire une belle vie. Il me semble que c’est la confiance, celle que nous avons patiemment tissée tout au long de nos choix, qui peut donner la consistance de notre vie.

homélie du 1er dimanche de carême, 1er mars 2020

Croix au Mont Saint-Jean (Morvan) Le récit du péché originel nous montre ce qu’est le péché dans sa racine. Pécher, c’est acquiescer à la tentation de ne plus voir ce que Dieu demande comme un chemin de vie mais comme ce qui empêche d’être heureux (Gn 3,5). Valider la tentation de trouver que Dieu exagère, qu’il ne faut pas faire si attention à lui. Accepter la tentation d’imaginer que Dieu est concurrent de l’homme, que nous devons entretenir une certaine distance avec lui pour ne pas être ses marionnettes, pour pouvoir être libre. Réaliser la tentation de se donner à soi-même son bonheur sans chercher comment le Créateur voudrait nous le donner (Gn 3,6). Succomber à la tentation de tester une action douteuse pour savoir si c’est bien ou mal (c’est d’ailleurs ce qu’est cet arbre de la connaissance du bien et du mal : la licence de faire le mal comme le bien, de les expérimenter tous les deux).