Pourquoi l'embryon ne serait pas une personne?

Benoît XVI, homélie de la veillée de prière pour la vie naissante, 27 novembre 2010, cité en passant

L’homme présente une originalité incomparable par rapport à tous les autres êtres vivants qui peuplent la terre. Il se présente comme un sujet unique et singulier, doué d’intelligence et de libre volonté, et composé d’une réalité matérielle. Il vit simultanément et indissolublement dans la dimension spirituelle et dans la dimension corporelle...

l’amour pour tous, s’il est sincère, tend spontanément à se transformer en attention préférentielle pour les plus faibles et les plus pauvres. C’est dans cette ligne que se situe la sollicitude de l’Église pour la vie naissante, la plus fragile, la plus menacée par l’égoïsme des adultes et l’obscurcissement des consciences.

Il existe des tendances culturelles qui cherchent à anesthésier les consciences sous différents prétextes. En ce qui concerne l’embryon dans le sein maternel, la science elle-même met en évidence l’autonomie capable d’interaction avec la mère, la coordination des processus biologiques, la continuité du développement, la complexité croissante de l’organisme. Il ne s’agit pas d’un cumul de matériel biologique, mais d’un nouvel être vivant, dynamique et merveilleusement ordonné, un nouvel individu de l’espèce humaine. C’est ainsi qu’a été Jésus dans le ventre de Marie. Et ça a été ainsi pour chacun de nous dans le ventre de notre mère. Nous pouvons affirmer, avec l’antique auteur chrétien Tertullien : « Il est déjà un homme, celui qui le sera » (Apologétique, IX, 8). Il n’y a aucune raison de ne pas le considérer comme une personne dès sa conception.

Même après la naissance, la vie des enfants continue d’être exposée à l’abandon, la faim, la misère, les maladies, les abus, la violence et l’exploitation. Les multiples violations de leurs droits qui sont commises dans le monde blessent douloureusement la conscience de tout homme de bonne volonté. Face au triste panorama des injustices commises contre la vie de l’homme, avant et après la naissance, je fais mien l’appel passionné du Pape Jean-Paul II à la responsabilité de tous et de chacun : « Respecte, défends, aime et sers la vie, toute vie humaine ! C’est seulement sur cette voie que tu trouveras la justice, le développement, la liberté véritable, la paix et le bonheur ! » (Evangelium vitae, 5).

la dignité humaine et la loi civile

Le 2 novembre Mgr d’Ornelas, archevêque de Rennes, a fait cette déclaration à l’assemblée des évêques de France :

« La dignité humaine est un appel qui ne peut être étouffé. La protéger chez tous et en toutes circonstances est la vocation de nos lois. Elle est un cri quand justice et liberté sont bafouées. Elle demeure un appel puissant mais silencieux chez les plus vulnérables. Leur simple présence en est l’écho. Heureuse la société qui l’entend et qui, lui répondant, voit surgir d’elle-même des trésors de solidarité et de respect ! »

« Entendre l’appel de la dignité, c’est promouvoir le consentement libre et éclairé (...). Entendre l’appel de la dignité, c’est mettre au centre l’intérêt de l’enfant à naître (...). Entendre l’appel de la dignité, c’est s’engager dans la recherche scientifique pour vaincre l’infertilité médicale, trouver des thérapies et guérir le handicap (...). Entendre l’appel de la dignité, c’est ne pas céder aux tentations auxquelles expose l’étonnant silence de l’embryon humain (...). »

Toute vie mérite d'être vécue

Voici le témoignage deMaryannick Pavageau, tétraplégique depuis 26 ans, qui a reçu, le 27 octobre 2010 la Légion d’honneur pour son engagement contre l’euthanasie.

« Toute vie mérite d’être vécue. Elle peut être belle, peu importe notre état. Et il y a toujours une évolution possible. Voilà le message d’espoir que je souhaite faire passer. Je me suis engagée contre l’euthanasie car ce n’est pas la souffrance physique qui guide le souhait de partir mais un moment de découragement, l’impression d’être un fardeau...Tous ceux qui demandent à mourir sont surtout en quête d’amour.

« Ma vie n’est pas ce qu’elle aurait pu être mais c’est ma vie. Finalement, j’ai gardé les valeurs essentielles. J’ai gardé l’amour ; mon mari et ma fille Myriam, qui avait deux ans à l’époque, m’ont donné la force de me battre. Malgré mes difficultés à m’exprimer Myriam m’a toujours comprise. »