Le concile Vatican II, entre continuité et rupture, les défis d'une herméneutique

A l’heure où certains pensent que le Concile Vatican II n’était qu’un premier pas dans une direction où il faut accélérer le mouvement, tandis que d’autres le regardent comme une erreur inédite, il est temps de faire le point. La grandeur du Concile réside-t-elle d’abord dans les textes votés ou plutôt dans ce que l’on appelle communément l’esprit du Concile ? Je vous invite à la lecture de ce texte de Benoît XVI le théologien, où l’on apprend que rupture et continuité font bon ménage... (discours de Noël 2005 à la curie romaine à l'occasion des vœux)

Le dernier événement de cette année sur lequel je voudrais m’arrêter en cette occasion est la célébration de la conclusion du Concile Vatican II, il y a quarante ans. Ce souvenir suscite la question suivante : Quel a été le résultat du Concile ? A-t-il été accueilli de la juste façon ? Dans l’accueil du Concile, qu’est-ce qui a été positif, insuffisant ou erroné ? Que reste-t-il encore à accomplir ? Personne ne peut nier que, dans de vastes parties de l’Église, la réception du Concile s’est déroulée de manière plutôt difficile, même sans vouloir appliquer à ce qui s’est passé en ces années la description que le grand Docteur de l’Église, saint Basile, fait de la situation de l’Église

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Seule l'Église catholique se tenait carrément en travers du chemin

« Lorsque la révolution nazie survient en Allemagne, c’est sur les universités que je comptais pour défendre la liberté, dont j’étais moi-même un amoureux, car je savais qu’elles avaient toujours mis en avant leur attachement à la cause de la vérité ; mais non, les universités furent immédiatement réduites au silence. Alors je me tournai vers les grands éditeurs de journaux, dont les éditoriaux enflammés des jours passés avaient proclamé leur amour de la liberté ; mais eux aussi, en quelques courtes semaines et comme les universités, furent réduits au silence. Dans la campagne entreprise par Hitler pour faire disparaître la vérité, seule l’Église catholique Croix le long du Lot se tenait carrément en travers du chemin. Je ne m’étais jamais spécialement intéressé à l’Église auparavant, mais maintenant je ressens pour elle une grande affection et admiration, parce qu’elle seule a eu le courage et la persévérance de se poser en défenseur de la vérité intellectuelle et de la liberté morale. Je suis donc bien forcé d’avouer que, maintenant, c’est sans réserve que je fais l’éloge de ce qu’autrefois je dédaignais. »

Albert Einstein, article du Time le 23 décembre 1940

Pie XII “historiquement correct”

Voici un extrait du livre Historiquement correct de Jean Sevillia. Ma propre réflexion sur Pie XII se trouve dans cet autre article.


« Amen dénonce l’attitude du Vatican qui, trahissant ses idéaux et sa mission, ne leva pas le petit doigt pour sauver les Juifs exterminés dans les camps nazis ». C’est toujours le même hebdomadaire de gauche, analysant le film de Costa-Gavras, qui porte ce jugement péremptoire. Mais où sont les preuves ?

Le 25 septembre 1928, Pie XI étant pape, un décret du Saint-Office a désavoué l’antisémitisme : « De même que le Siège apostolique réprouve tous sentiments d’envie et de jalousie parmi les peuples, de même il condamne tout particulièrement la haine contre le peuple jadis élu de Dieu et notamment cette haine que l’on a l’habitude de désigner par le mot antisémitisme ». En 1937, l’encyclique Mit brennender Sorge a fustigé le racisme :

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