La foi relie à Dieu

homélie du 27e dimanche C, 6 octobre 2019

Orcival Aujourd’hui les lectures nous parlent de la foi, du découragement, et de la grandeur de Dieu. Cela commence avec cette prière du prophète Habacuc, que nous avons sans doute faite nous aussi : « Combien de temps, Seigneur, vais-je appeler, sans que tu entendes ? » (Ha 1,2) Comment vivre quand je suis là devant le Seigneur, que j’attends, que rien ne semble s’ouvrir ? Il n’y a que la foi.

C’est beau d’attendre quelque chose du Seigneur… d’attendre tout du Seigneur. Tant de personnes, et même des hommes d’Église, n’attendent plus rien de Dieu, ne cherchent auprès de lui qu’un message général pour guider leur action et la vie des autres. Au contraire, les apôtres sont conscients que seule la foi permet de vivre comme le Christ et de traverser les épreuves. C’est pourquoi ils demandent : « augmente en nous la foi ! »

La persévérance dans la prière obtient tout. J’en ai reçu encore quelques témoignages ces dernières semaines. C’est une très belle prière de dire au Seigneur : regarde cette situation difficile dans laquelle je vis. Donne-moi la foi, augmente ma foi ! Et de le demander aussi pour les autres… et de leur dire qu’on a fait cette prière.

La foi est un don. Lors du baptême, quand le prêtre pose la question au candidat : « que demandez-vous ? », il peut répondre : « la foi ». La foi est un don de Dieu, que l’on reçoit souvent lorsqu’on est pauvre de cœur, que l’on a été dépouillé de certitudes ou de méfiances qui empêchent de s’ouvrir à Dieu. Les apôtres ne disaient pas : fais de nous des gens qui ont des croyances ! On peut ajouter des croyances dans son esprit sans changer sa façon de vivre. Ce n’est pas la foi. Au contraire, les apôtres demandent : fais de nous des gens qui comptent sur toi et qui ont le courage de continuer à prendre des risques pour toi.

À ce moment-là survient une autre tentation. Après celle du découragement vient l’illusion que l’on obtient des droits sur Dieu. On dirait que les apôtres ont fait remarqué à Jésus qu’ils avaient déjà fait beaucoup pour lui. À quoi il répond par la parabole des serviteurs inutiles.

Pourquoi leur parle-t-il ainsi ? J’y vois deux raison. La première c’est que tout ce que nous pouvons faire pour le Seigneur, tout ce à quoi nous pouvons renoncer, tout ce que nous parvenons à conquérir, ce n’est pas rien, mais c’est si petit face à ce qu’il veut nous donner. Cela n’a pas de sens de venir auprès du Père en disant : j’ai été un bon chrétien, je pense que je mérite la vie éternelle. Cela n’a pas de sens, non pas parce qu’être un chrétien fidèle n’a pas de valeur, mais parce que le don de Dieu est si inouï qu’il ne se mérite pas.

La deuxième raison pour laquelle Jésus parle de serviteurs inutiles, c’est pour nous mettre dans la bonne disposition pour recevoir les dons de Dieu. S’ils ne se méritent pas, si la foi ne donne pas de droits sur Dieu, il ne nous reste que l’amour. Dire au Seigneur : quoiqu’il en soit, je t’aimerai quand-même. Donne-moi la foi et l’amour pour t’aimer même lorsque je ne vois rien. Et c’est ainsi que tu pourras combler mon cœur qui te reste ouvert.