homélie du 25e dimanche A, 24 septembre 2023

zoom un peu plus tard Jésus, qui est venu du Père, nous révèle le cœur du Père. Souvent il nous parle des dispositions du Père envers ceux qui se sont éloignés de lui. Vous vous rappelez la parabole du fils prodigue. Aujourd’hui c’est celle des ouvriers de la 11e heure. Le prophète Isaïe avait déjà reçu la révélation du Dieu qui appelle à le chercher, et qui lance son appel même au méchant afin que, l’ayant cherché, il le trouve. Le Père est « riche en pardon » et ses pensées ne sont pas nos pensées. Quand nous pensons qu’il faut mériter Dieu, celui-ci répond qu’il faut seulement le désirer, se lever et aller vers lui.

Nous connaissons tous des exemples de gens qui ont eu une vie pas folichonne, et qui ont osé penser que finalement l’Évangile était pour eux aussi. Ils ont changé de vie, ils ont trouvé leur place dans la communauté chrétienne. S’il y en a parmi nous, nous sommes bénis, nous vivons ce que le Christ attend de nous. Pour résoudre ce problème de ceux qui ne correspondent pas à l’appel de Dieu, ou l’appel du bien, la société moderne a résolu le problème dans un autre sens. Elle dit : il n’y a plus d’appel de Dieu, il n’y a plus de bien, tout se vaut et s’il y a un Dieu il doit tout bénir. La foi chrétienne ne réagit pas ainsi. Elle dit : il y a un appel de Dieu, et si tu n’y as pas encore répondu, il n’est pas trop tard, tu peux encore dire : me voici, je te choisis, et ce qui ne correspond pas à tes commandements, je commence à y renoncer.

Bien sûr, ne faisons pas l’apologie des velléitaires, de ceux qui disent : oui, ça serait bien si je changeais de vie, mais c’est trop dur, je commencerai demain. Ni de ceux qui disent : pour Dieu ça suffira toujours ainsi, mes choix, mes refus n’ont pas d’importance, sa miséricorde me dispense de tous les efforts. Les ouvriers de la 11e heure ne reçoivent pas le salaire parce qu’ils sont restés toute la journée à côté de la vigne, mais parce qu’ils y ont travaillé ne fût-ce qu’une heure.

Dieu ne compte pas nos actions, mais il attend que notre cœur finisse par être totalement tourné vers lui. Le premier ouvrier de la 11e heure que nous connaissons, c’est le bon larron. Il n’a pas beaucoup de bonnes actions à mettre à son actif. Mais en quelques minutes son cœur s’est jeté dans la lumière. Au lieu de se justifier lui-même, il s’est comme confessé à Jésus, et il s’est entendu dire : entre dans la joie de ton maître !

Comme il serait bon que nous ayons l’audace, en rencontrant quelqu’un qui s’est tenu jusqu’alors loin de la vie de l’Église, de lui dire : pourquoi ne t’es-tu pas encore décidé pour le Seigneur ? Ce serait une façon de rendre actuel l’appel du maître de la vigne que d’interpeller ainsi ceux qui s’endorment lentement dans les soucis terrestres ou l’amertume du temps qui passe. Nous nous demandons sûrement : comment faire ? Prions l’Esprit Saint. Qu’il nous ouvre des portes, qu’il nous montre le moment et la manière de parler ou de se taire. Mais en tout cas, restons actifs au plus profond de nous-mêmes, aux aguets pour le Seigneur, car il s’agit du salut de ses enfants.

Ce salut, saint Paul nous invite à fixer les yeux dessus afin d’avancer dans la vie. La liberté avec laquelle Paul parle de sa mort éventuelle nous impressionne. Il est vraiment branché sur le sens profond de sa vie, celui qui peut dire : je souhaite déjà « partir pour être avec le Christ », mais je veux bien rester « à cause de vous ». Puissions-nous, chacun, déposer nos vies dans les mains bienveillantes du Père, afin de vivre de sa vie. Viens, Esprit Saint !