homélie de la Chandeleur, 2 février 2020

à la conquête du Chimborazo Syméon se réjouit que le Christ apporte la lumière pour toutes les nations, mais de quelle lumière s’agit-il au juste ? Que signifie la lumière de nos cierges ? Nous ne voulons pas dire qu’enfin les jours rallongent, même si cela nous réjouit aussi. La lumière qu’apporte le Christ, l’auteur de la lettre aux Hébreux l’a magnifiquement décrite en résumant ainsi l’action du Sauveur : « Jésus, par sa mort, a pu réduire à l’impuissance celui qui possédait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et il a rendu libres tous ceux qui, par crainte de la mort, passaient toute leur vie dans une situation d’esclaves. » (He 2,14-15). Le chrétien est celui que le Christ a libéré de la peur de la mort. Pourtant, on voit beaucoup de chrétiens — c’est une peine qu’il en soit ainsi — dire : moi, la mort, je ne veux pas y penser… laissez-moi goûter l’existence dans l’insouciance… je voudrais mourir sans m’en rendre compte… pourquoi Dieu permet-il la mort ?… et tant d’autres choses du genre, qui montre qu’on est bien décidé à entrer dans la vie éternelle à reculons.

Est-ce que celui qui ne veut pas entendre parler de sa mort parvient à être insouciant ? En réalité non, c’est une illusion. Nous croisons des gens qui veulent profiter de la vie avec une frénésie égoïste qui montre bien qu’ils sont esclaves. Quelle triste vie que celle passée à se cacher la réalité la plus évidente : nous allons mourir !

Je ne dis pas que mourir c’est rigolo. Ou que perdre un proche très aimé ce n’est pas grave. Mais la lumière du Christ vient éclairer le sens de notre vie et elle nous dit : jette-toi dès maintenant dans les bras de ton Sauveur, fréquente-le, vis selon ce qu’il te demande, afin de te laisser saisir par lui au moment de tomber dans la mort. Le Christ s’est battu pour faire de la mort un passage. Il a tout mis dans la balance pour faire craquer le pouvoir du diable et avoir le dernier mot. Nous pouvons lui faire totale confiance. Sa mort sur la croix n’est pas une injustice de plus dans le cours de l’histoire mais la victoire totale de Dieu sur le mal. Cette victoire, elle est pour nous, nous pouvons en devenir héritiers par la foi.

En vivant ainsi, une grande lumière se lève dans notre cœur car nous n’avons plus peur de perdre notre vie : elle est cachée avec le Christ dans le sein du Père (cf. Colossiens 3,3). Nous pouvons nous donner nous-mêmes au service des autres sans avoir peur de passer à côté de notre vie, de ne pas assez profiter. Au lieu de resserrer nos mains inquiètes sur ce que nous pouvons garder pour nous afin d’être heureux, nous nous donnons, nous laissons notre vie brûler comme une belle chandelle qui réjouit tous ceux qui nous entourent.

Je vous souhaite de prendre au sérieux le fait que le Seigneur est venu au cœur de l’humanité et a changé radicalement notre vie et notre mort. Nous sommes fait pour la lumière qu’aucune puissance ne menace, celle que Dieu tient allumée dans nos vies. Bonne fête !