homélie du 12e dimanche B, 21 juin 2015

« Maître, nous Pyrénées sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » Ce qui est arrivé aux apôtres embarqués avec Jésus sur la mer de Galilée est emblématique de la vie de foi. La vie nous conduit parfois dans une situation dramatique où nous nous disons : nous sommes perdus. Nous voilà jetés dans le désarroi, avec le sentiment que Dieu n’est plus là ou qu’il ne fait rien. Parfois c’est un événement qui survient, parfois c’est plutôt la lassitude, le doute, la perte de sens. Ça arrive dans la vie d’un prête ou d’une religieuse et c’est spécialement douloureux car ils ont tout misé sur Dieu. Ça arrive dans toute vie, un jour ou l’autre, plus ou moins fort.

homélie du 11e dimanche B

On peut se demander Passage où va le monde et quelles sont les forces qui l’entraînent. Chacun essaie d’organiser sa vie selon les valeurs qui lui paraissent les meilleures. C’est le mieux lorsque ces valeurs sont celles qui viennent de l’Évangile. Mais nos sociétés, le monde en général, se laissent-ils guider par ces valeurs ? Devant le pouvoir de l’argent, de la vanité, de l’exploitation sexuelle, les valeurs de l’Évangile semblent bien petites et bien peu efficaces.

homélie de la fête du Saint-Sacrement, 7 juin 2015

Il n’est pas rare Bourges, vitrail du mystère pascal de rencontrer une mère, un père qui donneraient assez spontanément leur vie pour leur enfant en danger. C’est la manifestation d’un amour très fort, qui impressionne. Un jour qu’il méditait sur ce que le Christ a fait dans sa passion saint Paul s’exclame : « Alors que nous n’étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les impies que nous étions. Accepter de mourir pour un homme juste, c’est déjà difficile ; peut-être quelqu’un s’exposerait-il à mourir pour un homme de bien. Or, la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs. » (Rm 5,6-8). Ce constat d’amour de Dieu que fait saint Paul, plus grand encore que l’amour des parents pour leur enfant, nous donne la clef de ce que nous célébrons aujourd’hui dans la fête du Corps et du Sang du Christ, la fête du Saint-Sacrement.

homélie des confirmations, Barry et Jamioulx, 31 mai 2015

Votre confirmation promesse fait reposer votre foi sur celle des apôtres. Elle vous donne toute votre place dans l’Église fondée par les apôtres. Mais nous venons d’apprendre quelque chose de fou : les apôtres sont envoyés faire des disciples partout et pourtant certains eurent des doutes !

Peut-on être croyant et avoir des doutes ? Le contraire de la foi ce ne sont pas les doutes, c’est de ne vouloir compter que sur soi-même, de vouloir décider de tout seulement comme on le souhaite. Mais si on a des doutes, c’est l’occasion de réfléchir, et de le faire à partir des grandes questions : d’où venons-nous, d’où vient le monde ? Quel est le sens de la vie ?

L’assurance de l’amour de Dieu

Homélie de la messe à la Grotte de Lourdes, 23 mai 2015

À la Grotte Lourdes , Bernadette a eu la vision d’une très belle dame qui lui a parlé avec respect et amour, « comme une personne parle à une autre personne » dira-t-elle. Habituée à être traitée comme une moins que rien, Bernadette s’était mise à penser qu’elle ne valait pas grand chose. En lui apparaissant ici à la Grotte, voilà que la Vierge Marie lui révèle tout ce qu’elle vaut pour Dieu.

homélie pour le 5e dimanche de Pâques

Dans fleurs de cerisier cet évangile de la vigne, nous entendons l’appel à porter du fruit, pour ne pas être un sarment stérile, un rameau qui épuise inutilement la vigne. Qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’il faudrait être bourré de qualités et de capacités à faire de grandes choses ? Ce n’est pas inutile d’avoir des talents, mais le chemin du Christ est tout autre. Ce chemin se résume ainsi : de même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.

homélie du 2e dimanche de Pâques 2015

Nous sommes aujourd’hui au îles Skellig dimanche de la miséricorde : le deuxième dimanche de Pâques qui, selon une demande du Christ à Sr Faustine Kowalska, est devenu dimanche de la miséricorde, jour pour se rappeler l’amour du cœur de Dieu et pour y recourir sans crainte. La miséricorde divine, c’est l’amour actif de Dieu. Car Dieu sait encore mieux que nous que l’amour est vivant lorsqu’il est partagé. Au contraire, l’amour à sens unique est un amour mort, et il fait souffrir. Dieu qui nous aime ne laisse pas tomber les bras, il ne dit jamais « c’est bon, restons-en là ». S’il nous poursuit de son amour, c’est parce qu’il sait que notre communion avec lui c’est notre vie, c’est notre joie, et il veut tout faire de son côté pour rétablir cette communion lorsqu’elle est atteinte.

homélie de Pâques

Parfois nous sommes Howardries dans la détresse : la perte d’un être cher, une difficulté personnelle ou familiale surviennent, et nous ne trouvons pas d’issue, ou alors nous fuyons n’importe comment. Pâques nous invite à nous laisser former par le chemin de Jésus, qui est un chemin d’abandon au Père, quelque chose comme « je ne sais pas comment ça va finir mais je veux rester dans la confiance jusqu’au bout ». Et Jésus meurt dans cette disposition, il est mis au tombeau, on roule la pierre, il semble que la confiance n’a servi à rien. On a raison d’être déçus de Dieu, non ?

homélie du Jeudi Saint 2015

Parfois nous Howardries sommes gênés par certaines expressions de la foi comme «Seigneur», «maître», «Dieu tout-puissant», etc. Il y a en effet une vision mondaine de ces réalités qui ne cadre pas avec la foi, avec l’attitude de Jésus, avec l’amour actif de Dieu. Résistons à la tentation de tout balayer, afin de pouvoir accueillir l’Évangile dans toute sa richesse. L’Évangile qui aujourd’hui nous dit : «Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres» (Jn 13,13-14).

méditation sur la passion et les derniers temps, avril 2015
(Pour le Jeudi Saint et Pâques, voir l’onglet homélies)

Qu’arrive-t-il éclipse de mars 2015 à l’Église ? Qu’arrive-t-il à la foi ? C’est une question que je me pose depuis longtemps. Je vois les jeunes chrétiens si minorisés, mis sous pression de toute part. Le courage de leur foi m’édifie. Depuis que j’ai quitté le séminaire une poignée d’entre eux a rejoint ces serviteurs de l’Évangile que sont les prêtres. Une très petite poignée… Transmettre la foi en famille est devenu un défi, rarement gagné. Il reste bien une certaine place pour la spiritualité, mais on dit que les religions instituées sont en panne. Et elles sont aussi combattues, avec succès : beaucoup rêvent que le cours de religion disparaisse de l’école et ils avancent inexorablement leurs pions. Toujours plus fort chante aux oreilles le message : sans religions le monde serait meilleur.

homélie du 4e dimanche de carème – Jn 3,14-21

Jésus nous matin de mars parle aujourd’hui d’un monde où on se perd, et qui a besoin d’être sauvé. Ce monde, c’est celui qui fait vivre les êtres humains d’aujourd’hui dans un grand vide. Notre vie a-t-elle du sens ? Qu’est-ce qui vaut assez pour que nous y mettions toutes nos énergies ? Serait-ce la famille, alors que tant de familles se déchirent ? Serait-ce le travail, alors que les restructurations mettent tant de monde au chômage ? Serait-ce un amour fidèle, quand il y a tant de trahisons ? Qui est encore digne de confiance ? Un grand auteur disait récemment : pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, lorsqu’un jeune de 15 ans demande à son père : papa, quel est le sens de la vie ? Celui-ci se tait. Voilà le monde où on se perd.