côtoyer l’amour qui va jusqu’au bout

homélie de la fête du Saint-Sacrement, 7 juin 2015

Il n’est pas rare Bourges, vitrail du mystère pascal de rencontrer une mère, un père qui donneraient assez spontanément leur vie pour leur enfant en danger. C’est la manifestation d’un amour très fort, qui impressionne. Un jour qu’il méditait sur ce que le Christ a fait dans sa passion saint Paul s’exclame : « Alors que nous n’étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les impies que nous étions. Accepter de mourir pour un homme juste, c’est déjà difficile ; peut-être quelqu’un s’exposerait-il à mourir pour un homme de bien. Or, la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs. » (Rm 5,6-8). Ce constat d’amour de Dieu que fait saint Paul, plus grand encore que l’amour des parents pour leur enfant, nous donne la clef de ce que nous célébrons aujourd’hui dans la fête du Corps et du Sang du Christ, la fête du Saint-Sacrement.

Lire la suite...

prendre l’amour au sérieux

homélie des confirmations, Barry et Jamioulx, 31 mai 2015

Votre confirmation promesse fait reposer votre foi sur celle des apôtres. Elle vous donne toute votre place dans l’Église fondée par les apôtres. Mais nous venons d’apprendre quelque chose de fou : les apôtres sont envoyés faire des disciples partout et pourtant certains eurent des doutes !

Peut-on être croyant et avoir des doutes ? Le contraire de la foi ce ne sont pas les doutes, c’est de ne vouloir compter que sur soi-même, de vouloir décider de tout seulement comme on le souhaite. Mais si on a des doutes, c’est l’occasion de réfléchir, et de le faire à partir des grandes questions : d’où venons-nous, d’où vient le monde ? Quel est le sens de la vie ?

Lire la suite...

pèlerinage à Lourdes

L’assurance de l’amour de Dieu

Homélie de la messe à la Grotte de Lourdes, 23 mai 2015

À la Grotte Lourdes , Bernadette a eu la vision d’une très belle dame qui lui a parlé avec respect et amour, « comme une personne parle à une autre personne » dira-t-elle. Habituée à être traitée comme une moins que rien, Bernadette s’était mise à penser qu’elle ne valait pas grand chose. En lui apparaissant ici à la Grotte, voilà que la Vierge Marie lui révèle tout ce qu’elle vaut pour Dieu.

Lire la suite...

la fécondité avec le Christ

homélie pour le 5e dimanche de Pâques

Dans fleurs de cerisier cet évangile de la vigne, nous entendons l’appel à porter du fruit, pour ne pas être un sarment stérile, un rameau qui épuise inutilement la vigne. Qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’il faudrait être bourré de qualités et de capacités à faire de grandes choses ? Ce n’est pas inutile d’avoir des talents, mais le chemin du Christ est tout autre. Ce chemin se résume ainsi : de même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.

Lire la suite...

le dimanche de la miséricorde divine

homélie du 2e dimanche de Pâques 2015

Nous sommes aujourd’hui au îles Skellig dimanche de la miséricorde : le deuxième dimanche de Pâques qui, selon une demande du Christ à Sr Faustine Kowalska, est devenu dimanche de la miséricorde, jour pour se rappeler l’amour du cœur de Dieu et pour y recourir sans crainte. La miséricorde divine, c’est l’amour actif de Dieu. Car Dieu sait encore mieux que nous que l’amour est vivant lorsqu’il est partagé. Au contraire, l’amour à sens unique est un amour mort, et il fait souffrir. Dieu qui nous aime ne laisse pas tomber les bras, il ne dit jamais « c’est bon, restons-en là ». S’il nous poursuit de son amour, c’est parce qu’il sait que notre communion avec lui c’est notre vie, c’est notre joie, et il veut tout faire de son côté pour rétablir cette communion lorsqu’elle est atteinte.

Lire la suite...

« une résurrection qui ressemblera à la sienne »

homélie de Pâques

Parfois nous sommes Howardries dans la détresse : la perte d’un être cher, une difficulté personnelle ou familiale surviennent, et nous ne trouvons pas d’issue, ou alors nous fuyons n’importe comment. Pâques nous invite à nous laisser former par le chemin de Jésus, qui est un chemin d’abandon au Père, quelque chose comme « je ne sais pas comment ça va finir mais je veux rester dans la confiance jusqu’au bout ». Et Jésus meurt dans cette disposition, il est mis au tombeau, on roule la pierre, il semble que la confiance n’a servi à rien. On a raison d’être déçus de Dieu, non ?

Lire la suite...

Servis par le Maître et le Seigneur

homélie du Jeudi Saint 2015

Parfois nous Howardries sommes gênés par certaines expressions de la foi comme «Seigneur», «maître», «Dieu tout-puissant», etc. Il y a en effet une vision mondaine de ces réalités qui ne cadre pas avec la foi, avec l’attitude de Jésus, avec l’amour actif de Dieu. Résistons à la tentation de tout balayer, afin de pouvoir accueillir l’Évangile dans toute sa richesse. L’Évangile qui aujourd’hui nous dit : «Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres» (Jn 13,13-14).

Lire la suite...

les amis du Dieu rejeté

méditation sur la passion et les derniers temps, avril 2015
(Pour le Jeudi Saint et Pâques, voir l’onglet homélies)

Qu’arrive-t-il éclipse de mars 2015 à l’Église ? Qu’arrive-t-il à la foi ? C’est une question que je me pose depuis longtemps. Je vois les jeunes chrétiens si minorisés, mis sous pression de toute part. Le courage de leur foi m’édifie. Depuis que j’ai quitté le séminaire une poignée d’entre eux a rejoint ces serviteurs de l’Évangile que sont les prêtres. Une très petite poignée… Transmettre la foi en famille est devenu un défi, rarement gagné. Il reste bien une certaine place pour la spiritualité, mais on dit que les religions instituées sont en panne. Et elles sont aussi combattues, avec succès : beaucoup rêvent que le cours de religion disparaisse de l’école et ils avancent inexorablement leurs pions. Toujours plus fort chante aux oreilles le message : sans religions le monde serait meilleur.

Lire la suite...

Sauvés par l’amour

homélie du 4e dimanche de carème – Jn 3,14-21

Jésus nous matin de mars parle aujourd’hui d’un monde où on se perd, et qui a besoin d’être sauvé. Ce monde, c’est celui qui fait vivre les êtres humains d’aujourd’hui dans un grand vide. Notre vie a-t-elle du sens ? Qu’est-ce qui vaut assez pour que nous y mettions toutes nos énergies ? Serait-ce la famille, alors que tant de familles se déchirent ? Serait-ce le travail, alors que les restructurations mettent tant de monde au chômage ? Serait-ce un amour fidèle, quand il y a tant de trahisons ? Qui est encore digne de confiance ? Un grand auteur disait récemment : pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, lorsqu’un jeune de 15 ans demande à son père : papa, quel est le sens de la vie ? Celui-ci se tait. Voilà le monde où on se perd.

Lire la suite...

entrer dans le combat spirituel

homélie du 1er dimanche de carême, 22 février 2015

L’histoire du les JACs_44 déluge (Gn 9, 8-15) est surtout intéressante pour la conclusion que Dieu en tire : « Oui, j’établis mon alliance avec vous, aucun être vivant ne sera plus détruit par les eaux du déluge, il n’y aura plus de déluge pour ravager la terre ». Quand on se pose des questions sur l’historicité de ce déluge, je pense que l’on s’empêtre vite dans des choses qui ne sont pas essentielles. Au fond, cette histoire a été écrite moins pour dire ce qui s’est passé que pour dire que cela ne se passera plus.

Lire la suite...

Sortir de notre jus — se laisser pêcher

homélie du 3e dimanche B, 25 janvier 2015

« Les temps sont accomplis :
le règne de Dieu est tout proche.
Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »

Jésus fait des apôtres des « pêcheurs d’homme » : des porteurs de la bonne nouvelle qui vont prendre les hommes à leurs activités habituelles pour les amener à une autre vie, car le Royaume de Dieu est tout proche. Ici, au lieu de mourir comme le poisson hors de l’eau l’homme pêché pour le Seigneur vit davantage, passe à une vie plus profonde et intense. Mais cela se fait dans un déchirement. On désire souvent que la foi soit en phase avec la vie quotidienne, et c’est un bon souhait quand cela veut dire qu’elle doit transformer le quotidien, amener à une autre façon de voir les choses. Par contre c’est un amoindrissement de la foi si on voulait raboter la foi pour qu’elle entre dans le cadre de la vie normale, dans ce à quoi nous nous attendons plus ou moins. Ce serait demander au pêcheur d’homme de ne pas nous sortir de l’eau mais de nous laisser dans notre jus.

Lire la suite...