homélie du 10e dimanche, 5 juin 2016

Pour Cashel (Irl.) cette veuve de Naïm (Lc 7,11), la vie reprendra-t-elle comme avant la maladie ? Après cet événement, la foule conclut que « Dieu a visité son peuple ». Avoir vécu d’aussi près la visite de Dieu ne manquera pas d’avoir un impact sur leur vision de la vie. Et aujourd’hui, à quelle occasion disons-nous « Dieu a visité son peuple » ? Hier à vêpres nous lisions : « la bonne nouvelle progresse dans le monde entier » (Col 1,6). Et pourtant chez nous nous la voyons plutôt mal en point. Ne sommes-nous pas entré dans cette autre perspective : « le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? » (Lc 18,7-8)

homélie de la fête du Saint-Sacrement, 29 mai 2016

Vous Issoire êtes venus ce matin, comme la foule partie à la suite de Jésus et qui le retrouve alors qu’il avait pris un peu de vacances à Bethsaïde. Et que fait Jésus ? Il vous fait bon accueil comme il fit bon accueil à la foule de jadis. Avez-vous faim ? Avez-vous pensé à aiguiser votre faim ? C’est un des gros problèmes de l’homme moderne, de ne pas avoir très faim, de rester tranquillement chez soi comme les villageois chez qui les apôtres voulaient renvoyer les gens et qui finalement ne sauront rien de ce qui s’est passé ce jour-là dans ce champ des alentours de Bethsaïde. Aujourd’hui à Ath beaucoup de gens ne sauront pas ce qui s’est passé ce matin dans cette église.

homélie du jour de l’Ascension, 5 mai 2016

Comment Pyrénées les disciples pouvaient-ils s’en retourner tout joyeux à Jérusalem, alors que Jésus venait de les quitter pour toujours ? À vues humaine, c’est totalement incompréhensible. Partons donc à la recherche des sources de leur joie. Cette joie s’enracine dans la conscience de l’identité de Jésus, qu’ont les disciples. Ils ont compris qu’il vient du Père et qu’il retourne à lui. Il ne va pas dans un lieu inconnu, comme cela nous arrive à notre mort, mais auprès de celui à qui il a vécu tout uni durant sa vie terrestre. « Si vous m’aimiez, avait dit Jésus, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi. » (Jn 14,28) Il ne part pas pour une existence vague et incertaine, il part pour une vie d’amour intense avec son Père et avec tous les saints qui le rejoindront. Et de plus, à la différence de nous, il part déjà avec son corps ressuscité. Il n’y a pas cette dissociation éprouvante de l’âme et du corps que nous vivons à la mort d’un proche. Voilà une première source de joie : Jésus part pour un pays heureux, resplendissant, auprès de son Père tant aimé.

homélie du 6e dimanche de Pâques, 1er mai 2016

Comment baptême est-ce possible qu’il y ait une Église qui a autorité pour enseigner au nom de Dieu ? Devons-nous vraiment écouter l’Église, et qu’est-ce que cela signifie ? Voilà les questions que je voudrais aborder aujourd’hui, car le Seigneur a dit à ses apôtres : « l’Esprit de vérité […] que le monde est incapable de recevoir parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas, […] lui le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit… » (Jn 14)

homélie du 3e dimanche de Pâques

Les apparitions fenêtre du Christ ressuscité à ses disciples dans les semaines qui ont suivi la résurrection nous sont précieuses car elles continuent de nous montrer comment a lieu la rencontre du Christ aujourd’hui, 2000 ans plus tard. C’est le chemin de tout disciple vers le Christ qui nous est raconté. Lisons ce récit de Jn 21 dans cette perspective.

homélie de la veillée pascale

Nous une visite avons assisté à la saga de Dieu avec son peuple. Depuis le début du monde Dieu qui est amour veut se révéler. Comment peut-il le faire ? Un amour, ça ne s’annonce pas comme une théorie scientifique, ça ne s’observe pas comme un phénomène naturel. Dieu doit pouvoir tisser une relation pour avoir l’occasion de dire son amour.

homélie du 2e dimanche de carême, 21 février 2016

Dans au creux des rochers l’épreuve on crie vers le ciel : Dieu, où es-tu ? Car si tu étais là tout cela ne m’arriverait pas ! Ce n’est pas insensé, car vivre dans la compagnie de Dieu qui est bon rend la vie bonne. Et spontanément nous pensons qu’une vie bonne est une vie sans épreuves. C’est sûrement parce que nous pensons déjà au paradis. Dans la Bible, on est plus réaliste. Le croyant est en butte aux épreuves de la vie. Abraham et Sarah ne parviennent pas à avoir d’enfant. Les apôtres viennent d’entendre de la bouche de Jésus qu’il lui faudra souffrir beaucoup et être rejeté, même mis à mort. Que peut-on attendre de Dieu dans ces situations ?

homélie du 5e dimanche C, 7 février 2016

À partir de l’histoire Basilique Saint-Paul-hors-les-murs, Rome, détail de la coupole d’Isaïe, de ce fameux « qui sera notre messager ? », je me dis que Dieu a un vrai problème : le problème de se communiquer, de se faire connaître, de dire son amour. Comment, lorsqu’on est invisible, et lorsqu’on ne veut pas s’imposer aux hommes, leur faire connaître sa volonté et son amour ? C’est le problème de la Révélation. Pour se révéler, Dieu a imaginé de tisser une histoire commune avec l’humanité. C’est l’Histoire Sainte, que vous trouvez racontée dans la Bible, dans les Saintes Écritures. Si on se demande : la Bible dit-elle vrai ? Il faut demander : qu’est-ce que la Bible me dit de Dieu, à partir de l’histoire qu’il a vécue avec les hommes ? Nous comprendrons alors que dans la Bible tout ne parle pas de Dieu de la même façon, avec la même clarté. Car Dieu n’a pas toujours eu des interlocuteurs très performants lorsqu’il a vécu avec eux une histoire. C’est pourquoi un jour il viendra lui-même, il enverra son Fils, image du Dieu invisible (Col 1,15).

homélie du 2e dimanche C, 17 janvier 2016

Tous ces dimanches Beara (Irl.) nous participons à l’inauguration de la mission du Christ. Cela nous donne les bases pour comprendre son action. Quelques grands textes nous guident. Dimanche prochain nous entendrons cet évangile de Jésus envoyé porter l’Évangile aux pauvres et libérer les opprimés. Aujourd’hui nous voyons le Fils de Dieu à des noces. Lorsqu’on ne baigne pas dans une culture de l’Ancien Testament cela peut paraître anodin. C’est comme si on disait que Jésus était allé à la ducasse (quoi qu’à Ath il y a des noces dans la Ducasse…), à la fête du village ou à la soirée du Collège. Mais quand on connaît Isaïe et qu’on entend que Jésus inaugure sa mission à un mariage, on se rappelle aussitôt : « le Seigneur t’a préférée, et cette terre deviendra “L’Épousée”. Comme un jeune homme épouse une vierge, ton Bâtisseur t’épousera. Comme la jeune mariée fait la joie de son mari, tu seras la joie de ton Dieu. » (Is 62,5)

homélie pour la fête de la Sainte Famille, 27 décembre 2015

La famille l’arbre de Jessé chrétienne n’est pas une famille standard. Cf. les familles que l’on trouve dans la Bible. La famille où il n’y a qu’un parent, la famille où on n’a pas eu la grâce d’avoir des enfants, peuvent aussi être une famille chrétienne. Et de nos jours, même la famille qui s’est construite en niant l’altérité des sexes, je pense que Dieu peut aussi la sauver et lui donner les débuts de ce qu’est une famille chrétienne, en attendant que toute la richesse de la Création soit reconnue. Tandis qu’il y a des familles bien comme il faut qui ne sont pas encore des familles chrétiennes.

homélie de Noël, messe de la veille

Nous Vierge à l’enfant entendons parfois parler de quelqu’un qui a fait de grandes choses. Il se retrouve sous les feux des projecteurs et on l’acclame comme il se doit. Voici qu’on nous parle de celui qui a tout fait : « C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. » (Jn 1) Cet être exceptionnel possède en outre une caractéristique tout à fait unique : « En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ».