homélie du 4e dimanche de l’Avent

Devant Igny, clocher tous les défis que devraient affronter nos sociétés, nos nous sentons comme dans un monde abandonné par la grâce. Seigneur, t’es-tu retiré, pour que nous devions faire face à la montée d’un intégrisme violent et à de telles réactions sécuritaires ? T’es-tu retiré, pour que le nombre de dépressions et de burn-out ne cessent d’augmenter ? Pour que nos jeunes soient inondés d’images qui déforment la beauté de la sexualité et de l’amour humain ? Pour que les bonnes intentions au sujet du climat, de la justice sociale ou de la coopération avec le Tiers monde finissent toujours par s’écraser sur le mur du profit et du confort ? Est-ce le signe que tu t’es retiré, ou plutôt que nous nous sommes éloignés de toi, que nous t’avons boudé en croyant aller créer à notre manière un monde meilleur que le tien ?

homélie du 3e dimanche de l’Avent, Notre-Dame d’Igny

Heureux Chemin Jean, qui es pris pour le Christ ! C’est parce que tu ouvrais un chemin d’espérance pour tous ceux qui venaient à toi, tous ceux qui croyaient que leur vie était dans l’impasse à cause de leurs fautes et qui pouvaient de nouveau espérer la miséricorde de Dieu. « Produisez donc des fruits qui expriment votre conversion », leur disais-tu. Non pour mériter, comme une compensation du mal commis, comme une monnaie d’échange pour un Dieu qui serait commerçant ou guichetier. Mais pour mériter, comme la trouvaille d’un cœur qui cherche, qui se détourne de ce qu’il a cherché de mauvais pour s’unir à Celui qui peut le combler.

homélie du 1er dimanche de l’Avent, 29 novembre 2015

Qu’arrive-t-il les JACs_62 à l’histoire de l’humanité ? Les événements de Paris nous ont bouleversé, mais en fait, lorsqu’on regarde la vie de l’humanité depuis son commencement on y voit la même suite d’atrocités. Je pense à l’invasion des Francs, puis aux attaques des Vikings et des Hongrois chez nous aux IXe et Xe siècles, ou celles des mongols en Asie. Je pense à la façon dont nous nous sommes comportés par les conquistadores en Amérique latine ou en Afrique. Je pense aux crimes des nazis en Europe ou des Japonais en Extrême Orient. Tant de manifestations d’un mépris sans fin de l’homme pour l’homme, et aussi pour l’environnement où l’homme vit.

Binche, homélie des confirmations, 11 octobre 2015

Ce qui Calvignac (Lot) arrive à cet homme est vraiment tragique. C’est vraiment une bonne personne. Il est riche mais il ne vit pas de façon matérialiste. Il ne vient pas demander à Jésus ce qu’il faut faire pour trouver un métier où on gagne beaucoup d’argent, ni pour être envié par son voisin ; il vient demander ce qu’il doit faire pour avoir en héritage la vie éternelle. Il ne pense pas qu’à profiter de la vie et des biens matériels, il pense à l’essentiel, la vie éternelle, vers où la vie de tout le monde se dirige ! Et quand Jésus lui rappelle les commandements, nous découvrons tout étonnés qu’il les a gardés depuis sa jeunesse. Alors qu’il est riche, alors que nous voyons si souvent les gens riches être esclave des richesses au point de détourner de l’argent ou de frauder, au point d’asservir les autres avec leur argent ou de les écraser.

homélie du 27e dimanche B, 4 octobre 2015

Un rue de Quito (Équateur) professeur de religion demandait à ses élèves : de ces deux mariages, celui qui interdit le divorce et celui qui le permet, lequel des deux appartient au Nouveau Testament et lequel à l’Ancien ? Beaucoup ont répondu spontanément que sûrement le mariage qui prévoit la possibilité de divorcer vient du Nouveau Testament, car le Christ est bon, tolérant, humain. Nous qui avons lu l’évangile du jour (Mc 10,2-16), nous savons que c’est tout le contraire. Jésus se réfère au projet initial de Dieu, adapté par Moïse mais que lui vient restaurer dans ses possibilités originelles : une union de l’homme et de la femme que Dieu fait et que l’homme ne doit pas séparer (v.9) car ils sont devenus une seule chair (v.8).

homélie de la messe des étudiants, 30 novembre 2015

Quand éclipse de Lune nous ne comprenons pas tout de l’Évangile, il y a déjà assez pour nous avec ce que nous pouvons comprendre. Devant un tel texte (Lc 9,57-62), je me rappelle cette prière de frère Aloys de Taizé, où il disait à peu près : Seigneur, nous comprenons si peu de ta Parole, mais ton Esprit nous donne de repartir avec ce qu’il nous faut de nourriture.

homélie du 25e dimanche A, 20 septembre 2015

Il y a deux côté sombre, côté clair parties dans la foi chrétienne, et elles sont indispensables toutes les deux. Dans la première partie, que j’appellerais l’évangile de la bonté, on voit Jésus venir à la rencontre de l’humanité souffrante en lui donnant un enseignement plein d’espérance, en lui montrant l’amour de Dieu qui guérit les malades, qui proclame la dignité humaine de la personne rejetée. Tout cela, les apôtres l’ont découvert avec émerveillement, et même si certaines choses les ont surpris, ils ont adhéré à cet évangile en quittant tout pour suivre Jésus. L’enseignement de Jésus et sa miséricorde pour les pauvres, les malades et les pécheurs nous rendent fiers nous aussi de nous réclamer de lui.

homélie du 21e dimanche B, 23 août

L’Écriture Rome, Saint-Paul hors les murs... dedans nous parle de la vie de couple, et du don total de soi. Le don total de soi du Christ qui donne sa chair comme nourriture. Le don total du mari et de la femme, qui aboutit dans le sacrement de mariage, grand mystère qui donne à connaître l’union du Christ et de l’Église, une union qui ne se reprend jamais.

homélie du 19e dimanche B, 9 août 2015

Nous vocation poursuivons notre lecture du grand chapitre 6 de l’évangile selon saint Jean. Là où nous étions arrivés, Jésus s’était présenté comme celui qui peut combler la faim intérieure de l’être humain, dans une adhésion personnelle à lui : « celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim » (Jn 6,35). Maintenant les Juifs et nous avec eux se demandent : lui qui est un homme, pour qui se prend-il donc ? D’où lui viendrait une telle capacité de donner non seulement un enseignement et des exemples mais une vie qui viendrait de Dieu ? La réponse de Jésus nous laisse ébahis : « Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » (v.44)

homélie du 18e dimanche B, 2 août 2015

Il y a patience en nous une grande faim de vie, qui nous pousse en avant et se traduit par la recherche d’expériences nouvelles. Ces expériences nous nourrissent quand elles nous permettent de rencontrer des personnes, de les rencontrer vraiment, mais dans les autres cas elles nous déçoivent, et nous croyons trouver la solution à notre faim dans des expériences toujours plus intenses, qui s’avèrent finalement toujours plus vides. Les uns courent dans les pays les plus lointain, recherchent la vitesse la plus folle, tandis que d’autres se lancent dans de nouvelles aventures amoureuses. Pour un temps.

homélie du 16e dimanche B, 19 juillet 2015

L’Évangile tapis nous présente une humanité qui a besoin de bergers. C’est tellement décalé par rapport aux attentes de notre époque, où on ne pense pas que les responsables politiques doivent être des bergers, où on veut plutôt des gestionnaires, des gens qui font en sorte qu’on ait le moins de contraintes possibles, qui conduisent la société pour que celle-ci soit toujours plus à notre service. Quant à être guidé, on veut être son seul guide. Et qu’importe le chemin pris du moment qu’on l’a choisi soi-même. Il y a peu de place pour des conseils à recevoir et à donner : chacun sa route, chacun son chemin. C’est comme ça pour les responsables politiques, et cela tend à l’être aussi pour les responsables ecclésiaux. Nous faisons le tri de ce que nous aimons entendre de la part du pape ou de l’évêque ou du prêtre, mais qui le prend vraiment comme guide ?