Jésus est-il cohérent ?

homélie du 15e dimanche C, 10 juillet 2016

On connaît bien ce texte Admirez ce beau pli! , il est devenu un des classiques de l’enseignement chrétien. Et de la même manière qu’un autre classique, l’enseignement de Jésus sur le mariage indissoluble, cette intervention de Jésus a lieu à une occasion pénible : un docteur de la loi se lève pour mettre Jésus à l’épreuve.

Mettre Jésus à l’épreuve, cela peut être motivé par le désir de le dénigrer, de le couvrir de ridicule. Mais cela peut venir aussi d’une recherche honnête : ce que Jésus dit résiste-t-il à la difficulté? Jésus est-il cohérent? Son enseignement est-il solide? En ce sens, je vous invite tous à mettre Jésus à l’épreuve et à l’écouter parler.

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le salut sans caméra

homélie de la clôture de l’année académique à l’Institut de théologie

Nous avons fenêtre fait connaissance avec le prophète Amos, qui est confronté à l’injustice socialement entretenue (Am 8,4-12). Des gens aisés font les lois pour transformer la société à leur avantage, même si le pauvre doit en souffrir, même si beaucoup doivent être exclus de la prospérité organisée. Aujourd’hui encore notre société montre cette tendance à se couper en deux part. Cela se passe au plan économique ; cela se passe entre ceux qui habitent ici de longue date et ceux qui se présentent comme réfugiés ; et s’ils sont qualifiés de réfugiés économiques, alors vraiment ils ne peuvent pas avoir part avec nous. Ce clivage a lieu aussi de façon plus subtile dans le refus de laisser une place à celui qui est considéré comme un déchet parce qu’il n’a pas été voulu ou qu’il n’est plus capable de s’assumer de façon autonome. Au jubilé des personnes handicapées, le pape François disait il y a 15 jours : « On considère qu’une personne malade ou portant un handicap ne peut pas être heureuse, parce qu’elle est incapable de mener le style de vie imposé par la culture du plaisir et du divertissement. » (homélie le 12 juin 2016) C’est un style de vie semblable que voulaient mener les contemporains d’Amos en dominant « les humbles du pays ».

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« Renoncer à soi-même… » : quelle drôle de com’ !

homélie du 12e dimanche C, 19 juin 2016

Nous voici Chemin devant un des passages qui nous déplaisent le plus dans l’évangile. « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. » (Lc 9,23-24) Comment les apôtres pensaient-ils motiver des futurs disciples avec ça ? Ils ne nous ont pas caché cet enseignement du Christ, et nous trouvons là un point essentiel de la condition du disciple dans le monde.

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« elle a montré beaucoup d’amour »

homélie du 11e dimanche C, 12 juin 2016

Une cloître de Saint-Paul hors les murs, Rome pécheresse fait irruption chez Simon le pharisien pour voir Jésus, pour être près de lui (Lc 7,36ss). La démarche de cette femme nous apprend beaucoup sur le péché, sur le cœur humain et sur le cœur de Dieu. « pécheresse », pour nous c’est une bière ! Et cela évoque une femme de mauvaise vie. Luc n’est pas si explicite. Lui qui connaît bien le grec trouve un seul mot pour la désigner : « une pécheresse », en grec, amartôlos, qui signifie : « qui fait fausse route, qui se trompe ». Et cette femme semble avoir fait tellement fausse route qu’elle est toute entière qualifiée par son péché, comme si elle y était si enfoncée qu’elle ne dépasse plus de cette coque qui l’emprisonne.

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Dieu a visité son peuple, mais nous sommes aveugles

homélie du 10e dimanche, 5 juin 2016

Pour Cashel (Irl.) cette veuve de Naïm (Lc 7,11), la vie reprendra-t-elle comme avant la maladie ? Après cet événement, la foule conclut que « Dieu a visité son peuple ». Avoir vécu d’aussi près la visite de Dieu ne manquera pas d’avoir un impact sur leur vision de la vie. Et aujourd’hui, à quelle occasion disons-nous « Dieu a visité son peuple » ? Hier à vêpres nous lisions : « la bonne nouvelle progresse dans le monde entier » (Col 1,6). Et pourtant chez nous nous la voyons plutôt mal en point. Ne sommes-nous pas entré dans cette autre perspective : « le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? » (Lc 18,7-8)

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la présence réelle

homélie de la fête du Saint-Sacrement, 29 mai 2016

Vous Issoire êtes venus ce matin, comme la foule partie à la suite de Jésus et qui le retrouve alors qu’il avait pris un peu de vacances à Bethsaïde. Et que fait Jésus ? Il vous fait bon accueil comme il fit bon accueil à la foule de jadis. Avez-vous faim ? Avez-vous pensé à aiguiser votre faim ? C’est un des gros problèmes de l’homme moderne, de ne pas avoir très faim, de rester tranquillement chez soi comme les villageois chez qui les apôtres voulaient renvoyer les gens et qui finalement ne sauront rien de ce qui s’est passé ce jour-là dans ce champ des alentours de Bethsaïde. Aujourd’hui à Ath beaucoup de gens ne sauront pas ce qui s’est passé ce matin dans cette église.

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la joie de l’ascension

homélie du jour de l’Ascension, 5 mai 2016

Comment Pyrénées les disciples pouvaient-ils s’en retourner tout joyeux à Jérusalem, alors que Jésus venait de les quitter pour toujours ? À vues humaine, c’est totalement incompréhensible. Partons donc à la recherche des sources de leur joie. Cette joie s’enracine dans la conscience de l’identité de Jésus, qu’ont les disciples. Ils ont compris qu’il vient du Père et qu’il retourne à lui. Il ne va pas dans un lieu inconnu, comme cela nous arrive à notre mort, mais auprès de celui à qui il a vécu tout uni durant sa vie terrestre. « Si vous m’aimiez, avait dit Jésus, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi. » (Jn 14,28) Il ne part pas pour une existence vague et incertaine, il part pour une vie d’amour intense avec son Père et avec tous les saints qui le rejoindront. Et de plus, à la différence de nous, il part déjà avec son corps ressuscité. Il n’y a pas cette dissociation éprouvante de l’âme et du corps que nous vivons à la mort d’un proche. Voilà une première source de joie : Jésus part pour un pays heureux, resplendissant, auprès de son Père tant aimé.

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Écouter l’Église, comment ?

homélie du 6e dimanche de Pâques, 1er mai 2016

Comment baptême est-ce possible qu’il y ait une Église qui a autorité pour enseigner au nom de Dieu ? Devons-nous vraiment écouter l’Église, et qu’est-ce que cela signifie ? Voilà les questions que je voudrais aborder aujourd’hui, car le Seigneur a dit à ses apôtres : « l’Esprit de vérité […] que le monde est incapable de recevoir parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas, […] lui le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit… » (Jn 14)

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Comment le Christ nous rencontre-t-il ?

homélie du 3e dimanche de Pâques

Les apparitions fenêtre du Christ ressuscité à ses disciples dans les semaines qui ont suivi la résurrection nous sont précieuses car elles continuent de nous montrer comment a lieu la rencontre du Christ aujourd’hui, 2000 ans plus tard. C’est le chemin de tout disciple vers le Christ qui nous est raconté. Lisons ce récit de Jn 21 dans cette perspective.

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la saga de Dieu pour nous

homélie de la veillée pascale

Nous une visite avons assisté à la saga de Dieu avec son peuple. Depuis le début du monde Dieu qui est amour veut se révéler. Comment peut-il le faire ? Un amour, ça ne s’annonce pas comme une théorie scientifique, ça ne s’observe pas comme un phénomène naturel. Dieu doit pouvoir tisser une relation pour avoir l’occasion de dire son amour.

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Épreuve et lumière : le chemin de la foi

homélie du 2e dimanche de carême, 21 février 2016

Dans au creux des rochers l’épreuve on crie vers le ciel : Dieu, où es-tu ? Car si tu étais là tout cela ne m’arriverait pas ! Ce n’est pas insensé, car vivre dans la compagnie de Dieu qui est bon rend la vie bonne. Et spontanément nous pensons qu’une vie bonne est une vie sans épreuves. C’est sûrement parce que nous pensons déjà au paradis. Dans la Bible, on est plus réaliste. Le croyant est en butte aux épreuves de la vie. Abraham et Sarah ne parviennent pas à avoir d’enfant. Les apôtres viennent d’entendre de la bouche de Jésus qu’il lui faudra souffrir beaucoup et être rejeté, même mis à mort. Que peut-on attendre de Dieu dans ces situations ?

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