homélie de l’Ascension 2018

Nous souffrons à la conquête du Chimborazo parfois de ne pas pouvoir montrer Celui en qui nous croyons. Le montrer à ceux qui pensent que notre foi c’est une crédulité qui nous fait gober des choses absurdes. Le montrer à notre cœur aussi, lorsqu’il doute ou est découragé. Cette fête de l’Ascension vient nous fortifier : c’est dans notre intérêt qu’Il est parti, notre Christ bien-aimé. Il n’a pas quitté cette Terre pour nous compliquer la vie, mais pour nous permettre de vivre de l’Esprit Saint. « Il vaut mieux pour vous que je m’en aille, car, si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai. » (Jn 16,7)

homélie de la fête de Marie Mère de Dieu, 1er janvier 2018, Igny

On peut Notre-Dame de Bonne-Espérance dire que les bergers et leur message tombent à pic dans l’étable de Bethléem. Sur les tableaux de la Nativité Jésus est souvent tout luisant dans son berceau et sa gloire saute aux yeux. Mais en réalité, si on s’en tient aux récits évangéliques, il devait y avoir bien peu de choses qui soulignaient la splendeur de l’événement. Depuis la parole de l’ange à Marie et l’émerveillement d’Élisabeth neuf mois auparavant, les indices de la proximité de Dieu étaient plutôt négatifs. Comment pouvait-il se faire que celle qui serait la mère du « Fils du Très-Haut » (Lc 1,32) doivent se mettre en route enceinte jusqu’au cou pour traverser la Palestine et atterrir dans une ville où personne ne peut l’accueillir ? Comment le Fils de Dieu doit-il naître dans une étable et être couché dans une mangeoire, même si Joseph avait sûrement soigneusement gratté le mélange de fétus, de bave et de grains qui collait au fond ? Et je vous passe l’odeur et les toiles d’araignée. Si Dieu est avec nous, pourquoi ce dénuement ? La question ne devait pas manquer d’être tapie à la porte du cœur de Marie et Joseph.

homélie de la fête de Toussaint 2018

Quand les Diables Derrière il y a la lumière rouges remportent un match de coupe du monde, beaucoup de gens se rassemblent dans les rues pour fêter la victoire. Une grande fierté rejaillit sur tout le monde et c’est enthousiasmant de participer à cette célébration avec d’autres. Pourtant, cette victoire est éphémère, et ce n’est pas comme si tous les Belges gagnaient le winforlife. Le livre de l’Apocalypse (Ap 7,9) nous met devant une fête qui me fait penser à cette célébration des Diables rouges, sauf qu’ici la victoire remportée est totale et définitive, et qu’elle concerne tous les participants. C’est la célébration de la victoire du Christ sur le mal et sur la mort. Une victoire qui n’est pas qu’un triomphe pour le Christ mais dont chacun peut se revêtir en blanchissant sa robe dans le sang de l’Agneau. Et le moyen courant qui nous est donné pour cela ce sont les sacrements, spécialement l’eucharistie et la réconciliation.

homélie de la fête de saint Pierre et saint Paul, Institut de théologie, juin 2017

Il n’y a pas fronton de St-Jean de Latran de disciples que l’on fête avec cette intensité de la fête d’aujourd’hui, hormis la Vierge Marie et saint Jean-Baptiste. Pierre et Paul ont été témoins du Christ, de toute son œuvre, de l’offrande qu’il a faite de sa vie, de sa résurrection par le Père. Ils ont été propagateurs de son règne, afin que de proche en proche tous les hommes puissent avoir accès à lui, le connaître, l’aimer, accueillir son salut.

homélie de la clôture de l’année académique à l’Institut de théologie

Nous avons fenêtre fait connaissance avec le prophète Amos, qui est confronté à l’injustice socialement entretenue (Am 8,4-12). Des gens aisés font les lois pour transformer la société à leur avantage, même si le pauvre doit en souffrir, même si beaucoup doivent être exclus de la prospérité organisée. Aujourd’hui encore notre société montre cette tendance à se couper en deux part. Cela se passe au plan économique ; cela se passe entre ceux qui habitent ici de longue date et ceux qui se présentent comme réfugiés ; et s’ils sont qualifiés de réfugiés économiques, alors vraiment ils ne peuvent pas avoir part avec nous. Ce clivage a lieu aussi de façon plus subtile dans le refus de laisser une place à celui qui est considéré comme un déchet parce qu’il n’a pas été voulu ou qu’il n’est plus capable de s’assumer de façon autonome. Au jubilé des personnes handicapées, le pape François disait il y a 15 jours : « On considère qu’une personne malade ou portant un handicap ne peut pas être heureuse, parce qu’elle est incapable de mener le style de vie imposé par la culture du plaisir et du divertissement. » (homélie le 12 juin 2016) C’est un style de vie semblable que voulaient mener les contemporains d’Amos en dominant « les humbles du pays ».

L’assurance de l’amour de Dieu

Homélie de la messe à la Grotte de Lourdes, 23 mai 2015

À la Grotte Lourdes , Bernadette a eu la vision d’une très belle dame qui lui a parlé avec respect et amour, « comme une personne parle à une autre personne » dira-t-elle. Habituée à être traitée comme une moins que rien, Bernadette s’était mise à penser qu’elle ne valait pas grand chose. En lui apparaissant ici à la Grotte, voilà que la Vierge Marie lui révèle tout ce qu’elle vaut pour Dieu.

méditation sur la passion et les derniers temps, avril 2015
(Pour le Jeudi Saint et Pâques, voir l’onglet homélies)

Qu’arrive-t-il éclipse de mars 2015 à l’Église ? Qu’arrive-t-il à la foi ? C’est une question que je me pose depuis longtemps. Je vois les jeunes chrétiens si minorisés, mis sous pression de toute part. Le courage de leur foi m’édifie. Depuis que j’ai quitté le séminaire une poignée d’entre eux a rejoint ces serviteurs de l’Évangile que sont les prêtres. Une très petite poignée… Transmettre la foi en famille est devenu un défi, rarement gagné. Il reste bien une certaine place pour la spiritualité, mais on dit que les religions instituées sont en panne. Et elles sont aussi combattues, avec succès : beaucoup rêvent que le cours de religion disparaisse de l’école et ils avancent inexorablement leurs pions. Toujours plus fort chante aux oreilles le message : sans religions le monde serait meilleur.

homélie de mariage

Lors du Houx, Conques  mariage précédent je vous racontais comment l’amour marche sur deux jambes, celle du sentiment et celle de la volonté. Aujourd’hui je voudrais poursuivre en considérant avec vous les limites de la vie, afin de découvrir la joie des limites. Tôt ou tard vous tomberez sur des limites qui vous dérangeront, ou même vous feront mal. Limites de la réalité matérielle. Limites du temps et du lieu. Plus difficiles, limites de l’autre, et de la relation entre vous, et même limites de l’intimité. Ensemble on peut s’affronter aux limites, essayer de les surmonter, mais il reste toujours des limites humaines.

VincianeVinciane, depuis que tu m’as appris ton cancer fin août je me suis mis à prier intensément pour toi et une grande chaîne de prière s’est faite à ton sujet. Au fur et à mesure que ta maladie s’aggravait mon dépit envers Dieu grandissait. Quand je lisais dans les psaumes « Dieu veille sur ceux qui mettent leur espoir en son amour », je ne pouvais m’empêcher de dire  : on dirait quand-même que ce n’est pas vrai… Mais cela, je l’ai dit à Dieu lui-même, en pleine face et pas dans son dos, et quand j’arrivais au bout de ma colère je lui demandais la paix. Cette paix intérieure que je voyais en même temps grandir dans le cœur de Vi, une paix qui dépendait de moins en moins des circonstances, même si elle ne supprimait pas les combats ni les coups de mou.

homélie de mariage, mars 2014

Paques (Tarn, Castelnau-Pégayrols) Chacun de nous est habité par la question : est-ce que je compte pour quelqu’un? Cette brebis égarée ne devait pas imaginer à quel point elle comptait pour son berger. Elle a dû faire une fameuse découverte en se rendant compte de l’amour du berger pour elle. Quand nous nous découvrons aimés par quelqu’un au point qu’il veut nous épouser, c’est une fameuse bonne nouvelle aussi. Quelqu’un nous choisit, quelqu’un court pour nous. Cette nouvelle de l’amour humain a besoin d’un prolongement, où l’on découvre que l’on compte aussi pour quelqu’un d’autre que notre conjoint : nous comptons pour Dieu, et lorsque cette assurance grandit par la foi nous devenons capable d’aimer aussi celui qui nous a blessé ou dont l’amour n’est pas satisfaisant. Compter pour Dieu et en faire grand cas permet d’entrer dans le genre d’amour que saint Paul décrivait dans sa lettre : revêtir son cœur de tendresse et de bonté, d’humilité, de douceur et de patience; et pardonner sans chipoter.

homélie de mariage, septembre 2013

Jura Valérie et Joachim, vous avez choisi des textes où l’on parle d’amour, et cela nous fait du bien à tous. L’amour est central dans la vie de toute personne, bien qu’il ne prenne pas toujours la même forme. C’est le pape Jean-Paul II qui disait « L’amour est l’un des processus de l’univers qui (…) élargissent et enrichissent ce qui est étroit et limité. (...) Les hommes ont besoin de tendresse ! Ils ont besoin d’intimité ! » Pourtant il ne vivait pas en couple, mais il savait ce qu’est l’amour, parce qu’il aimait profondément Dieu, et des amis proches. Vous, Valérie et Joachim, vous prenez le chemin du mariage, vous allez explorer le bonheur d’être choisi par quelqu’un pour la vie, et de devoir le choisir pour la vie. Moi qui vous parle, j’ai choisi un autre chemin, celui de l’amour préférentiel pour Dieu, et il n’est pas sans bonheur non plus.

Ce n’est pas évident qu’il soit raisonnable de fonder sa vie sur l’amour, quand on voit toutes les trahisons qui peuvent arriver à l’amour. Mais vous choisissez de le faire et les Églises réformée et catholique ne vous abandonnent pas comme de doux rêveurs ou des entêtés, elles vous disent  : oui, on peut aimer jusqu’au bout, on peut aimer comme le Christ nous a aimé.