Jésus à genoux devant ma liberté

homélie du Mercredi Saint, sur Mt 26,14-26

Une surprise nous attend dans cet évangile, lorsque Jésus déclare « l’un de vous va me livrer... Issoire Celui qui vient de se servir en même temps que moi » (Mt 26,21.23), désignant ainsi Judas. Ne dirait-on pas ainsi que Jésus donne à Judas sa mission ? Judas serait-il alors simplement la bonne personne au mauvais moment ? Serait-il un élément piloté pour l’accomplissement du dessein de Jésus ? Pour comprendre, regardons ce qui se passe, et revenons d’abord deux versets en arrière dans l’évangile : “14 Alors, l’un des Douze, nommé Judas Iscariote, alla trouver les chefs des prêtres 15 et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui proposèrent trente pièces d’argent. 16 Dès lors, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.”

Nous voyons que bien avant la parole du Christ, le projet de le livrer était né et avait fait son chemin dans le cœur de Judas. C’est bien de lui-même qu’il fait cela. Comment alors expliquer l’attitude de Jésus ? Il commence par dire : « l’un de vous va me livrer ». Il déclare qu’en quelque sorte il consent à ce fait d’être livré, qu’il n’est pas pris par surprise. Et d’être livré par un des Douze. Cela rend bien compte de la réalité blessée du monde, où on est parfois trahi par des amis.

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le mal et Jésus

homélie du dimanche des Rameaux, 28 mars 2010

La messe d’aujourd’hui nous plonge dans le mystère du mal, de cette autonomie bien mal inspirée que l’homme revendique par rapport à Dieu pour n’en faire qu’à sa tête, et commettre ainsi toutes sortes d’injustices, sociales ou inter-personnelles.

Christ à Saint-François, Louvain-la-Neuve Quand Dieu lui-même vient dans le monde, il est refusé, d’une part par ceux qui se réclament de lui et se sont confortablement installés dans le monde grâce à lui — les chefs des prêtres, les pharisiens — et d’autre part par ceux qui ne sont pas intéressés par lui, qui font leurs petites affaires sans aucune référence à Dieu — Hérode, Pilate et compagnie.

Demain nous découvrirons quelques aspects de la vie de Monseigneur Proaño à Riobamba en Équateur. Il a beaucoup lutté avec ceux qui s’opposent à Dieu en se réclamant de lui, promoteurs d’une Église issue des grands propriétaires terriens et soucieuse de les préserver. Il a aussi beaucoup lutté avec ceux qui promouvaient un monde sans Dieu et voulaient détourner la contestation indienne.

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le regard de la foi

(homélie de la messe des étudiants sur Jn 9 ; 17 mars 2010)

La rencontre de l’aveugle né est pour Jésus l’occasion de faire un miracle, un signe plein de sens pour faire comprendre sa mission. « Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. » (Jn 9,5)

Jésus est la lumière du monde, il apporte une lumière pour l’homme, dans un changement profond et radical qui est comparable à passer de la cécité à la vision.

Voir le monde avec les yeux de la foi procure une grande lumière et une grande joie. Quand nous tenons compte de la présence de Dieu dans notre vie et dans le monde, beaucoup de choses qui n’avaient pas de goût ou de sens deviennent belles. Les peurs ou les tristesses qui nous assiègent bien souvent se dissipent lentement : Calvignac (Lot) une confiance nouvelle, basée sur la certitude de reposer dans le cœur de Dieu, nous aide à prendre pied dans le monde, à nous y sentir bien. Nous sommes alors heureux dans le monde malgré son imperfection et nous trouvons notre place malgré nos propres défauts, Nous parvenons à être heureux en toutes circonstances, selon le mot de saint Paul : soyez toujours dans la joie du Seigneur (Ph 4,4)

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penser à Dieu en l’aimant

(homélie du 4ème dimanche de carême, 14 mars 2010, sur Luc 15,1-3.11-32)

Je voudrais m’attarder à une scène qu’on ne met pas souvent en avant dans cet évangile : la fête que le père organise pour son fils, avec le banquet, la musique, les danses. Une fête superbe. Chaque fois que nous venons à Dieu, pour l’eucharistie, pour la prière Beara (Irl.) solitaire dans la chapelle ou dans le secret de notre chambre ou dans le train, Dieu organise une fête dans son cœur pour nous. Et bien que nous ne la sentions pas avec nos yeux de chair et que ses rythmes ne saisissent pas nos membres, cette fête saisit notre vie et nous pouvons partir à sa découverte par nos sens intérieurs.

L’ennui c’est que notre vie est souvent régie par ce que les autres pensent de nous, et ce que nous pensons de nous-mêmes. Beaucoup de nos actions en dépendent, ainsi que bon nombre de nos états intérieurs. Dans la prière, nous passons bien du temps à penser à nous, à notre situation par rapport à Dieu, à ce que nous imaginons que Dieu pense de nous, à notre état de disgrâce ou de mérite envers Dieu. Nous sommes comme le fils cadet qui rumine son discours dans sa tête : « Père, je ne suis pas digne... », ou comme le fils aîné qui ressasse sa droiture.

Le Père n’a que faire de cette attitude...

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Tu viens à moi par des chemins inattendus

homélie du 3ème dimanche de carême, Lc 13,1-9

Les contemporains de Jésus avaient tendance à croire que le bonheur et le malheur sont des choses qui se méritent. De nos jours encore, nous trouvons assez rassurant de penser que si quelqu’un connaît le malheur c’est que pour une part il l’a voulu ou en est responsable. Et cette idée se renforce en considérant qu’il y a vraiment moyen de faire par soi-même son malheur.

Pourtant les événements heureux ou malheureux de nos vies ne sont pas des récompenses ou des punitions du ciel. Jésus insiste sur ce thème : « Pensez-vous que ces Galiléens [massacrés] étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien non, je vous le dis ! » Et les dix-huit victime de l’effondrement de la tour de Siloé non plus. Que ce soit la maladie, le licenciement, les catastrophes naturelles, rien n’est envoyé du ciel pour nous punir. Et même, il faut aller plus loin : bien souvent rien ne relève en cela de notre faute.

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Dieu est bon !

7 Demandez, vous obtiendrez ; cherchez, vous trouverez ; frappez, la porte vous sera ouverte. 8 Celui qui demande reçoit ; celui qui cherche trouve ; et pour celui qui frappe, la porte s’ouvrira.

9Lequel d’entre vous donnerait une pierre à son fils qui lui demande du pain ? 10 ou un serpent, quand il lui demande un poisson ? 11 Si donc, vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent ! (Mt 7)

Nous sommes souvent embarrassés par ces affirmations car nous avons tous dans la mémoire le goût d’une demande qui nous paraissait vraiment juste et qui ne nous a pas paru exaucée. Une fois passée la colère contre Dieu, nous nous raisonnons souvent par des « c’est que ce n’était pas vraiment bon » ou, cerise sur le gâteau, « Dieu l’a permis... » pour toutes sortes de raisons, spécialement celle qu’il entreverrait davantage de bien dans ce drame qui vient de se passer.

Franchement, il faut bien le dire, nous devenons abominables quand nous parlons ainsi, et

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le sens du carême

Qu’est-ce que le carême ? C’est le temps de préparation à Pâques, pendant 40 jours, comme le Christ a passé 40 jours au désert au début de sa mission. Nous nous préparons à Pâques, à la victoire de Dieu sur le mal, à l’œuvre que le Christ accomplit pour nous par sa mort et sa résurrection. Nous voulons nous préparer à cette victoire du Christ en nous y exposant, en nous y rendant plus sensible. Le carême est le temps où nous développons notre réceptivité à ce que Dieu fait et à son message, à sa Parole. C’est un temps de conversion, c’est-à-dire de changement.

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« Heureux, vous les pauvres ! » Ne soyons pas conduits par la peur

C’est si étrange de dire à ceux qui sont pauvres ou qui ont faim ou qui pleurent ou qui sont rejetés : heureux êtes-vous ! Cela nous désoriente complètement. Tout être humain cherche le bonheur, et dans sa recherche de bonheur il va spontanément se protéger contre ces situations de dépendance et de détresse que sont la pauvreté, la faim, la souffrance, le repoussement. Dans notre monde occidental, cette fuite bien compréhensible de la pauvreté et de la souffrance conduit à tant d’excès et de comportements choquants pour le reste de la planète. Il y a aujourd’hui plus de formules d’assurances que Séraphin Lampion n’aurait pu en imaginer.

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baptême du Seigneur, homélie dialoguée

Qui se souvient de sa date de naissance ? Et de sa date de baptême ? Pourtant, c’est un événement si grand, celui sur lequel repose toute notre vie chrétienne — et notre vie chrétienne ce n’est pas un petit côté de notre vie que nous sortons à l’occasion, c’est toute notre vie. Le baptême change tout, au point que saint Paul dit à son ami Tite que Dieu, « par le bain du baptême, nous a fait renaître. » (Tite 3,5)

Mais qu’est-ce que cela veut dire — pour nous — renaître ?

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Au-delà du permis et du défendu...

Depuis que Monseigneur Léonard a été nommé archevêque de Malines-Bruxelles il est abondamment interviewé dans la presse. Et les questions qui lui étaient souvent posées me faisaient penser à cet évangile entendu à la messe de ce mardi.

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Dieu au cœur de la vie

(homélie de la Sainte Famille 2009)

Dieu nous visite au cœur de la vie de tous les jours, des événements plus ou moins simples de nos existences, et spécialement dans cette vocation répandue de la famille. Voici un échantillon à travers les lectures d’aujourd’hui, au sujet des enfants et de la vie de couple. A travers le couple d’Elqana et Anne, qui ne peut pas avoir d’enfant, nous voyons le Seigneur s’approcher de cette détresse toujours très éprouvante. Et nous le voyons leur donner une fécondité particulière, ici symbolisée par cet enfant reçu et présenté aussitôt au Seigneur. Il n’y a pas qu’une seule fécondité, et Dieu nous invite à prendre distance par rapport à la fécondité dont nous aurions rêvé, dont on rêve pour nous dans le monde, pour accueillir celle qui est la nôtre.

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